Jour 3 : mercredi 16 octobre 2019

Portraits des étudiants de l’ENAM

Le groupe de Jéromine
De gauche à droite : Ismael P. Tiendrebeogo, Zié Boureima Ouattara, Yves Séraphin Kabré, Bibata Saba

Ismael P. Tiendrebeogo a 29 ans et c’est surtout pour les débouchés professionnels qu’il a choisi d’orienter sa carrière vers les Archives. Après avoir été admis en 2011 au concours B d’archiviste d’État, il a exercé à la médiathèque de la Présidence ainsi qu’à la Direction des Archives du Ministère de la Jeunesse. Il a ensuite été admis au concours A de conservateur, souhaitant acquérir les compétences de management et de gestion de projets, nécessaires à l’occupation d’un poste d’encadrement. A terme, il souhaiterait travailler au sein d’une entreprise privée ou d’un organisme international. Ce chantier école représente pour lui une occasion d’approfondir ses connaissances tout en acquérant de nouvelles notions.

Zié Boureima Ouattara a 33 ans et si ce sont également les possibilités d’embauche qui l’ont d’abord dirigé vers les métiers des Archives, il s’est vite rendu compte de l’intérêt intellectuel et de l’importance de la gestion de la production documentaire. Après des études d’économie, il a enseigné en lycée avant d’être admis au concours A de conservateur. Étudiant « direct », c’est-à-dire intégrant l’ENAM sans formation ni expérience préalable, il attend de ces deux années d’études de devenir opérationnel dans un domaine très différent de sa formation initiale. N’ayant pas encore reçu de cours théorique sur les archives, il attend de ce stage de comprendre de façon concrète le traitement des archives. Dans l’idéal, un poste dans un domaine en lien avec l’économie, dans une banque ou au Ministère de l’économie, des finances et du développement, lui permettrait de conjuguer ses deux intérêts professionnels.

Yves Séraphin Kabré, 34 ans, est archiviste d’État depuis 2014, ayant lui aussi fait ce choix de carrière professionnelle dans des perspectives d’emploi. Après plusieurs années au centre de documentation du Ministère de la justice, il a été admis au concours A de conservateur. De son second passage à l’ENAM, il espère approfondir ses connaissances, notamment en numérisation. A terme il souhaite continuer d’évoluer dans les Archives publiques, et plus particulièrement pour le compte de l’État. Pour lui le chantier-école est avant tout une opportunité de rencontre avec des archivistes étrangers, afin de confronter des pratiques professionnelles différentes.

Bibata Saba est une juriste de 36 ans. Contrairement au reste du groupe, elle a intégré l’ENAM « sur titre », c’est-à-dire à ses frais, sans passer le concours d’admission. Cela lui permet alors de ne pas être liée à l’Etat et donc éventuellement de se diriger plus facilement vers le secteur privé. A l’issue de ses études, elle envisage de compléter sa formation par une spécialisation en informatique, espérant ainsi avoir un profil attractif pour rejoindre une entreprise. De ce stage aux archives municipales elle attend d’avoir une vision concrète du traitement des archives, comme un préambule à la formation de conservatrice qui fera d’elle une archiviste opérationnelle.

Le groupe de Yannis
De gauche à droite : Salomon Sawadogo, André Zida, Gladys Nanema, Joseph Bamogo

Joseph Bamogo, 35 ans est un étudiant « professionnel » de l’ENAM, à savoir qu’il a déjà un parcours avant l’obtention du concours de conservateur. En effet, il a commencé en 2014 comme documentaliste à la Direction générale de la production végétale (Ministère de l’Agriculture), recruté alors « sur mesure nouvelle » comme fonctionnaire de catégorie B. Il s’est formé à l’archivistique et la documentation à l’ISTID, l’institut des sciences et techniques de l’information documentaire, en 2012-2013. Les archives, c’était d’abord « pour voir », un ami lui avait parlé de ce métier, suscitant sa curiosité. Il s’est alors rendu compte de l’utilité des documents d’archives pour la gestion administrative et surtout de leur richesse pour l’histoire du pays. Fort de son expérience forgée par différents stages et vacations, il a décidé de s’inscrire au concours de conservateur déjà pour changer de catégorie et également pour augmenter ses compétences et améliorer sa technicité en archivistique, conscient de l’évolution du métier, notamment au regard de l’apport des nouvelles technologies. Il réintègrera la fonction publique à l’issue de la formation. En attendant il est très investi au sein de l’ENAM : délégué de sa section, il est aussi membre du bureau général des étudiants de l’école. Il s’est présenté au chantier-école avec enthousiasme et soucis permanent de se former.

Gladys Nanema a 26 ans et elle est une élève « direct » de la formation à l’ENAM, inscrite en candidate libre, donc à ses frais, grâce au soutien de ses parents. Elle a effectué des études de droit à l’université privée Saint-Thomas-d’Aquin. Consciente des difficultés de rentrer dans la magistrature, elle a envisagé d’être juriste dans le secteur privé. Mais pour avoir d’avantage de chances d’être recrutée par une entreprise, elle a décidé d’ajouter une corde à son arc avec une formation en archivistique, qui selon elle rejoint le droit par certains aspects. Cela lui permettra de faire valoir sa polyvalence avec sa double casquette d’archiviste-juriste. Elle vise en parallèle la possibilité d’obtenir une bourse pour passer son doctorat de droit. Le chantier-école représente pour elle une chance d’appréhender le métier car la première année à l’ENAM ne dispense pas de cours d’archivistique et la plupart des élèves n’ont pas été en contact encore avec les documents. Elle n’a pas peur se se salir les mains et se sent encouragée par cette formation.

André Zida, 31 ans, est un élève « direct ». A l’origine il vient d’un tout autre univers, puisqu’il a obtenu une maîtrise d’économie à l’université de Koudougou en 2014. C’est son oncle qui l’a motivé à s’intéresser aux archives car un ami à lui avait fait l’école de Dakar. Il s’est inscrit au concours de conservateur de l’ENAM, comme à d’autres concours de la fonction publique d’ailleurs et a été admis en 2018. Il pense que les archives sont un métier d’avenir, car si l’Etat burkinabé a ouvert des formations à Koudougou puis à l’ENAM, ce n’est pas sans raison et les opportunités d’emploi doivent accompagner cet intérêt général pour la profession. A l’issue de la formation, il intègrera la fonction publique, mais il se dit que s’il y a plus tard une opportunité d’enseigner à son tour l’archivistique, pourquoi pas à l’ENAM, il saisira sa chance. En attendant, il a conscience que rien ne vaut la pratique, bien meilleur apprentissage que la théorie, il se réjouit donc de pouvoir participer à ce chantier-école.

Salomon Sawadogo, 37 ans, est un élève « pro » de la formation. Il a étudié le droit à l’université de Ouagadougou, validant sa maîtrise en droit public en 2009. Il a tenté alors plusieurs concours de la fonction publique et a été reçu à celui d’archiviste d’Etat à l’ENAM en 2012. Il a donc intégré la fonction publique en étant affecté à la Direction générale du Foncier au sein du Ministère de l’Agriculture. Pour lui aussi, rien ne vaut la pratique dans l’apprentissage du métier, d’où l’intérêt porté au chantier-école. Il effectuera probablement son stage de 4 mois au Centre national des Archives car il y a là des archivistes d’expérience, des « doyens » qui peuvent lui apprendre encore.



 

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