Dernier jour

Jour 5 : Clap de fin

Dernier jour de mission à Strasbourg, dernier jour pour finir le travail engagé, dernier jour pour rendre à l’association ses locaux et ses archives rangés. En ce vendredi, nous nous trouvions dans cette situation familière de fin d’examen, quand après 4h de travail sur brouillon il ne reste plus que 1h pour rédiger sa copie, propre et sans faute d’orthographe. Il a donc fallu être efficace : le café a coulé à flot. Notre priorité a été de clore le chantier sans laisser l’association entre deux tas de documents “à trier”.

Un chantier école, opportunité de formation :

ASF et l’Ecole nationale des Chartes se sont associées pour organiser des chantiers école et donner à des élèves et à des étudiants l’opportunité de participer à des missions et de pouvoir ainsi se former aussi sur le terrain. La mission auprès de l’ACO est un chantier école et cette mission auprès de l’ACO constitue pour nous, étudiantes, notre première expérience de travail en archives.

Pour que l’expérience soit la plus enrichissante possible pour notre formation, Edouard Vasseur a proposé que nous consacrions notre matinée à l’analyse du fonds AFNA (Accueil familial Nord-Africain), en vue d’envisager ce que serait un véritable travail de classement. Nous avons privilégié ce fonds car il était relativement indépendant des autres fonds et il nous semblait être intéressant dans le cadre du centenaire. L’AFNA était une branche d’activité créée par l’ACO dans les années 1950, pour répondre aux besoins des immigrés nord-africains vivants dans les baraques à deux pas de la maison. Cette aide s’est notamment concrétisée par la création d’un centre d’hébergement. Dans le cadre du centenaire, il semblait intéressant de mettre aussi en valeur les actions menées par l’ACO à un niveau plus local, à Strasbourg.

Après nous être réparties les boîtes de manière chronologique, avoir cherché la logique du fonds et avoir compris l’histoire de l’AFNA, nous avons listé et réparti les documents par catégorie, réussissant ainsi à créer un projet de plan de classement plus clair et plus fidèle à un archivage en bonne et due forme. Malheureusement, prises par le temps, nous n’avons pas pu classer effectivement les documents. Nous en sommes donc restées à un travail de projection, un “classement sur papier”. La réalisation physique du classement aurait sûrement réservé des surprises ! Cependant, cette expérience nous a donné une idée de ce que représente un classement sur ce type de fonds, en terme de logique du fond, de quantité de doublons, de “catégories” couvertes par les documents.

Fin de partie de Tetris

La partie de Tetris entamée la veille a pris fin dans l’après midi : toutes les boîtes ont trouvé la place qui leur avait été réservée. Nous avons choisi de centraliser les archives en trois espaces :
- le bureau du directeur pour les documents précieux et constitutifs de l’association,

Le bureau du directeur
Collection de référence
Le bureau du directeur
Le coffre-fort


- le secrétariat pour les documents ayant trait au fonctionnement de l’association (statuts, assemblées générales et comité français, budget et comptabilité, immobilier et personnel), et les documents récents,

Le secrétariat


- et enfin le sous sol qui concentre les archives ayant trait aux actions de l’association à l’étranger.

Au sous-sol

Dans le sous sol, les deux pans de murs ont permis de distinguer deux types de fonds. Le premier est organisé de manière géographique retraçant ainsi les liens entre l’ACO et les différents pays d’Orient et d’Occident. Le second regroupe le « chrono » et les livres comptables les plus anciens, ainsi que les deux fonds d’archives distincts de celui de l’ACO (Conseil missionnaire et AFNA). La difficulté a été de faire un compromis entre le temps de la mission, le classement préalable suivi depuis cent ans, l’espace disponible et une bonne accessibilité pour les membres de l’association dans le travail courant et dans la préparation du centenaire.

La dernière étape, et pas des moindres, a été la vérification minutieuse de la correspondance physique entre le tableau créé et les boîtes sur les étagères. Nous pensons ainsi avoir rempli notre objectif principal qui était de donner à l’association les moyens de comprendre ses archives, et surtout de ne pas laisser ses membres plus perdus qu’ils ne l’étaient à notre arrivée.

Conclusion d’une belle mission.

Ainsi, nous avons conclu cette belle mission, une mission fatigante, stressante et difficile par moment mais qui s’est révélée tout au long à la fois un véritable plaisir et une super aventure humaine.

D’abord, et bien qu’on ait ironisé parfois sur la tendance à tout garder, les fonds de l’ACO sont de fait d’une richesse notable pour l’histoire des missions et des initiatives protestantes en Orient au XXe siècle. Nous avons eu la chance de voir cent ans d’archives défiler sous nos yeux, avec ses différents supports, techniques et langues. Notre travail sur les fonds a été apprécié, pour preuve les succulents petits gâteaux alsaciens qui nous ont été offerts au moment du départ. Nous espérons ainsi avoir donné des clés à l’ACO pour comprendre et explorer ses archives et préparer un centenaire digne de ce nom.

Il serait impossible de conclure sans dire un mot de l’aspect humain de cette mission. Nous avons été accueillis chaleureusement avec sourire et enthousiasme chaque jour : toujours une tasse de café et un biscuit pour remonter le moral des troupes. Nous avons pu compter sur Elisabeth et Mathieu quotidiennement pour nous prêter main forte sur le chantier. Mais aussi, ils nous ont fait une confiance aveugle et ont accepté de bon coeur chacune de nos initiatives et conseils. Nous tenions donc ici à les remercier pour tout car si la mission est une réussite c’est aussi grâce à eux.



 

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