Carnet de mission 2015 : Projet Haïti, Mission 2015-2016-2017

En janvier 2014, Véronique Parmentier et Christophe Vigneron (AsF-France), en mission dans un ministère, ont été invités sur le site par Mireille Perodin Jerome, membre du Conseil d’administration du Centre d’Art et Louise Perrichon, la directrice afin de bénéficier de leur expertise . Un premier diagnostic des archives du Centre d’Art a ainsi été établi sur la base d’un échantillonnage de documents tirés de quelques cartons stockés dans un container maritime. Les grands principes de l’archivage et leur adaptation au contexte haïtien ont été présentés afin qu’un premier plan d’action puisse être élaboré et que les informations primordiales à la renaissance du Centre d’Art puissent être accessibles rapidement.
Cet état des lieux a mis en lumière un fonds archivistique d’une importance et d’une richesse historique rare. Une mission AsF-France a, dès lors, pu se coordonner de nouveau en Haïti dès mars 2015. Sur un temps court d’intervention, Véronique Parmentier et Muriel Roussiles ont du prioriser leurs objectifs sur le renforcement des conditions de conservation et une visibilité plus fine du contenu du fonds.
Ainsi en trois semaines, l’espace de stockage a été aménagé. La centaine de cartons a été ouverte et a fait l’objet d’un premier niveau de traitement. Fonds d’archives et fonds documentaire (ouvrages, revues…) ont été dissociés. L’ossature d’un plan de classement des archives et l’organisation de la bibliothèque se sont progressivement imposés. Le fonds iconographique (photographies, négatifs, diapositives...), quant à lui, a bénéficié d’un traitement de base en matière de restauration.

A l’issu de la mission, un bilan complet a été présenté en réunion de Conseil d’administration. Du fait des problématiques posées, préconisations soumises sur les tâches à poursuivre et perspectives envisagées à plus long terme, ce rapport ne peut être diffusé.

 
 
 
 

Etat du fond

 
 

Un sinistre entraine souvent des dégâts sur les fonds. Les archives du Centre d’art n’y ont malheureusement pas échappé. Pour autant face à la gravité de la catastrophe, les pertes ont été minimes. Les équipes du Centre d’Art se sont en effet mobilisées très rapidement après le séisme pour mettre en sécurité les archives et les oeuvres. Ainsi plus de 5 000 oeuvres (peintures, sculptures...) ainsi que le fonds d’archives ont pu être sauvegardées.

Le fonds (documentaire et iconographique) du Centre d’art est révélateur des décennies de rayonnement de l’institution.

Resté entassé dans les cartons conservés durant 5 ans dans le container, ce fonds a subi parfois quelques dommages. En effet certains éléments se sont collés entre eux, formant une masse compacte allant de quelques éléments à une dizaine.

Le fonds documentaire

Sur les papiers, il a été constaté les traditionnels dommages connus suite à un contact avec de l’eau, des gravats... Quelques insectes, la plupart morts, ont été observées entre les feuilles des dossiers mais également des traces de rouilles ou encore des salissures (terre, sable...).

Aucun document n’a été éliminé. Les plus endommagés et/ou avec une suspicion de contamination ont été mis en quarantaine dans l’attente d’opérations de restauration plus poussées. Sur la centaine de cartons, seuls quatre ont fait l’objet de cette « sortie » du fonds d’archives.


Le fonds iconographique

Le fonds est composé de représentations des œuvres, des artistes, des événements organisés par et/ou au Centre. Il est inscrit sur des supports divers et variés tels que des négatifs, des diapositives, des tirages photographiques… de tout format.

Une procédure de décollage a été mise en œuvre, d’abord sur un échantillon test de documents très abîmés et quasiment irrécupérables.

Les différentes étapes pour le décollage ont été les suivantes :
- Trempage
Après avoir chercher quelques conseils en la matière, les documents ont été humidifiés. En fait, les supports ont été immergés dans un bac d’eau afin de les assouplir. Pour les documents les plus collés, un trempage de près d’une journée a été nécessaire parfois sans succès.

- Décollage
En contrôlant régulièrement la phase de trempage, on a pu constater que certains supports se dissociaient les uns des autres. En tirant légèrement dessus, les documents se décollaient d’eux-mêmes. A aucun moment nous avons forcé le décollage, le risque d’arracher des morceaux ou de les dégrader totalement étant trop grand.

- Séchage
Une fois les documents décollés, ils étaient sortis de l’eau. La dernière procédure consiste à les laisser sécher à plat à l’air libre. Une certaine vigilance était nécessaire pour éviter que les supports ne sèchent trop et se mettent à gondoler.

Louise Perrichon découvre des trésors jusque-là cachées

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