Jour 1 : lundi 6 septembre 2021

Entre rencontres et (re)découverte

Depuis 2010, ASF réalise des missions au Burkina Faso afin d’aider les ministères et les institutions qui leur sont liées dans la gestion de leurs archives. Cette année, un chantier-école se déroule du 6 au 17 septembre à l’ENAM (Ouagadougou).

Regroupant élèves et étudiants de l’ENAM, de l’IRA des Hauts Bassins (Bobo-Dioulasso, Burkina Faso) et de l’UVSQ (Saint-Quentin-en-Yvelines, France), ces deux semaines sont autant des moments d’échange sur les pratiques archivistiques que la concrétisation de missions aidant à la création d’un service des archives au sein de l’ENAM

Mais qu’est-ce que l’ENAM ?

L’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) est une institution formant des fonctionnaires du Burkina Faso. Créée par le biais d’un décret en 1959, elle ouvre ses portes en 1962. Cette institution implantée à Ouagadougou grandit chaque année, l’ouverture d’Instituts Régionaux d’Administration (IRA) permettant une décentralisation des formations : celui des Hauts Bassins est situé à Bobo-Dioulasso et celui de l’Est à Fada N’Gourma.

47 filières permettent aux élèves d’intégrer des postes de catégorie A, B ou C de la fonction publique. Elles sont accessibles sur concours « direct » (candidat non fonctionnaire) ou « professionnel » (candidat fonctionnaire). Les candidats réussissant ces concours deviennent élèves et sont assurés d’obtenir un poste à la fin de ce cursus de deux ans. Certaines formations peuvent être suivies en « candidat libre », c’est-à-dire s’inscrire et payer soi-même la formation. Ces élèves ne sont pas considérés comme de futurs fonctionnaires et devront chercher par eux-mêmes un travail à la fin du cursus. L’une de ces filières est dédiée aux archives : y sont formés des conservateurs archivistes (catégorie A), archivistes d’État (catégorie B) et aides-archivistes (catégorie C).

L’édition 2021 de ce chantier-école

Il regroupe une dizaine d’élèves burkinabè de l’ENAM et de l’IRA des Hauts Bassins qui aspirent à ces trois types de postes. Une étudiante du Master 2 Archives de l’UVSQ - Université Paris-Saclay y participe aussi. Ce premier jour a donc débuté par un temps de rencontre, car chacun possède un parcours aussi riche que différent. Cela a amené à des discussions sur l’organisation des postes d’archivistes dans la fonction publique aussi bien au Burkina Faso qu’en France. Nous vous proposerons dans les jours qui suivent des petites présentations de ces élèves et étudiants !

J1 : on pose les bases
Un temps d’échange entre participants du chantier-école

Ce chantier-école porte deux grandes missions :
- le tri d’une partie de l’arriéré d’archives papier de l’ENAM stocké dans diverses salles
- un audit de la fonction archives dont l’objectif futur est de créer un service des archives au sein de cette institution.
Elles seront réalisées en dix jours ouvrés et de manière matinale, puisque le temps de travail débutera à 7h30 pour se terminer à 14h00 avec un déjeuner convivial offert par l’ENAM. Certaines difficultés apparaissent déjà pour la première mission, car aucune documentation portant sur le traitement d’archives, notamment un tableau de gestion, n’est mise à disposition ! Le classement ainsi que les propositions d’éliminations, via un bordereau officiel, se réaliseront grâce à des temps de réflexion et d’échange entre les participants.

Ce premier jour a été la (re)découverte des locaux de l’ENAM et de pièces mystérieuses. La poussière et les termites étaient au rendez-vous et quelques courageux ont aidé au nettoyage de la plus grande pièce qui sera la salle de tri lors de ce chantier-école.

J1 : on découvre
La salle de tri AVANT nettoyage
J1 : on prépare le terrain
La salle de tri APRES nettoyage

Des découvertes ont pu avoir lieu grâce à l’aide de la bibliothécaire et d’agents de l’ENAM : des portes ont été déverrouillées et des cadenas cassés afin d’accéder à des documents non répertoriés. Parmi ces trouvailles, des plans d’architecte établis pour la construction des locaux au début des années 1960 ! Un patrimoine d’école qui ne demande qu’à être classé afin de pouvoir être aisément valorisé dans le futur.

J1 : on savoure
Découverte dans une autre salle de l’ENAM d’un dossier comportant les plans d’architecte pour la construction des locaux

Après ces repérages, il a été décidé de débuter le classement des archives par un ensemble de dossiers individuels d’élèves entrés à l’ENAM ou dans des IRA entre 2011 et 2017. Leur observation a permis de comprendre qu’ils étaient regroupés par concours avec une distinction entre ceux « directs » et ceux « professionnels ». Il a été très intéressant de discuter de l’utilisation de ces dossiers par l’administration de l’ENAM : les élèves ont pu expliquer les différents documents et champs qui les composent, saisissant aussi la finalité de leurs propres dossiers d’inscription. C’est tout une culture administrative qui a été partagée et ont notamment été retrouvés des dossiers de personnes s’inscrivant dans la filière archives !
Ce fut une manière de découvrir un pan d’histoire de la formation qu’ils suivent. De grands débats ont eu lieu pour le début d’un plan de classement : le choix s’est porté sur un premier niveau chronologique, c’est-à-dire par année de promotion. Les niveaux inférieurs seront déterminés lorsque l’entièreté des filières par promotion sera connue.

Après le temps des réflexions, celui de la pratique ! Les dossiers, regroupés dans des enveloppes ou par le biais de cordes, ont été disposés sur la grande table pour un premier dépoussiérage afin d’être identifiés.

J1 : De la théorie à la pratique
Temps de dépoussièrage et d’identification des dossiers !

Cette identification a été transposée à l’écrit sur de nouvelles pochettes et les dossiers ont été disposés selon l’année de début de formation. Ces tas bien séparés permettent aussi de saisir quelles lacunes sont présentes : en effet, les tas plus petits montrent que certains dossiers individuels restent à trouver !

J1 : on s’organise
Une partie des dossiers regroupés par année d’entrée à l’ENAM ou dans un IRA

Une première journée qui fut autant riche humainement qu’archivistiquement ; les sourires se devinaient sous les masques qui protègent ici aussi de la poussière !



 

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