Tolède : discours

 
 

Octobre 2011 : Discours de la Présidente d’AsF - France à la conférence de la CITRA (Tolède)

Effondrement des archives de Cologne

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs

Je tiens tout d’abord à remercier vivement Monsieur David Leitch, secrétaire général du Conseil international des Archives et Madame Margaret Crockett, secrétaire général de la Conférence internationale de la table ronde des Archives qui ont eu l’amabilité de demander à la petite organisation qu’est Archivistes sans frontières section France de participer à cette rencontre de Tolède. C’est pour une modeste et jeune association comme celle que j’ai l’honneur de présider une énorme chance. Créée en France en 2003 par quelques archivistes, la section française d’AsF international veut répondre à un besoin qui a été clairement identifié dans le domaine archivistique, en particulier en Afrique, dans les pays francophones. L’association des archivistes professionnels que nous sommes veut aider les archivistes de jeunes pays francophones à faire reconnaître l’importance de leurs archives pour bien sûr le respect des droits de l’homme mais aussi pour la bonne marche de l’administration, la bonne gouvernance. Les membres fondateurs d’AsF-section France m’ont choisi comme présidente, probablement parce que j’ai eu le grand honneur et l’insigne privilège de travailler pendant près de 15 ans auprès de Monsieur Jean Favier, directeur général des archives de France. Archiviste, historien et homme de lettres. Monsieur Jean Favier, qui fut aussi président du Conseil international des Archives se plaisait à répéter que : « l’homme garde ses archives par nécessité, par dignité aussi ». Forte aujourd’hui d’une soixante de membres, notre association intervient principalement en Afrique, comme elle le fait cette année encore au Burkina Faso où elle travaille en étroite collaboration avec l’ICA, l’Association des archivistes français et le département de l’Aude dans le cadre de l’opération « un bon archivage pour une bonne gouvernance ». Depuis 2006, elle a fait plusieurs missions en Éthiopie pour tenter d’y sauver les archives du chemin de fer djibouto-éthiopien. Depuis 2010 AsF-section France est aussi très engagée dans le sauvetage des archives de Haïti, en particulier celles qui étaient conservées dans les dix ministères dont les bâtiments se sont effondrés lors du tremblement de terre, et ce à la demande du ministère de la culture et de la communication (département des affaires européennes et internationales de la direction générale des patrimoines et Archives de France). Mais aujourd’hui c’est de notre modeste action à Cologne, en 2009 que je vous entretiendrai.

Le 3 mars 2009, les archives municipales de Cologne s’effondrent. Les archives qui comptaient parmi les plus importantes d’Europe sont ensevelies sous les décombres et menacées par la montée des eaux et les intempéries. Face à cette catastrophe la ville et les archivistes lancent un appel à toutes les bonnes volontés pour aider à sauver ce qui peut l’être par la fouille, le tri et la restauration. Des archivistes et des élèves-archivistes allemands se mettent au travail 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en « trois-huit ». Contactée dès les premiers jours, l’École nationale des chartes veut apporter son soutien à nos collègues allemands dans ce qu’elle pense être la plus grande catastrophe archivistique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle recherche des volontaires et charge Monsieur Marc Smith, détenteur de la chaire de paléographie, des contacts avec Cologne et de la recension des élèves volontaires. Le 19 mars suivant, Monsieur Bruno Delmas, détenteur de la chaire d’archivistique contemporaine et membre fondateur d’ASF-section France prend contact avec le bureau d’ASF-section France pour savoir si l’association peut se joindre à l’École nationale des chartes et prendre en charge les élèves partant à Cologne car l’École n’a, bien sûr pas de crédit pour ce type d’intervention. Notre réponse est immédiate et positive car aider à la sauvegarde des archives en péril fait partie de nos missions, même si d’ordinaire nos interventions s’arrêtent aux archives en français. Nous envoyons des messages à tous nos adhérents et décidons d’unir nos efforts avec ceux de l’École nationales des chartes. Parallèlement, nous prenons contact avec les associations avec lesquelles nous travaillons généralement en étroite collaboration : le Conseil international des archives, l’Association des archivistes français et je tiens ici tout particulièrement à signaler combien nous avons travaillé en étroite intelligence avec Madame Christine Martinez, ancienne présidente de cette association et le Bouclier bleu. Afin d’identifier les volontaires, nous leur demandons de remplir un formulaire, celui que les Archives de Cologne ont mis au point. Le comité français du Bouclier Bleu et Monsieur Christophe Jacobs, son président, se propose pour rassembler ces fiches et en faire la synthèse. Une page de recensement de tous les bénévoles français est installée sur le site du comité français du Bouclier bleu. A côté du logo du Bouclier bleu figurent clairement les sigles de l’Association des archivistes français et d’ASF-section France. L’idée qui nous unit tous c’est de coopérer pour aider nos collègues allemands. Nous comprenons très vite qu’une coordination générale française est nécessaire et que nous devons faire tous nos plans en étroite liaison avec les Allemands qui tiennent le calendrier général des opérations. Durant les vacances de Pâques 2009, deux élèves de l’École nationale des Chartes, Charles-Eloi Vial et Florence Codine se sont rendus à Cologne avec un conservateur parfaitement germaniste et spécialiste des écritures allemandes Une première mission française, comprenant membres d’ASF-section France et membres du comité français du Bouclier Bleu est parti à Cologne du 27 avril au 1er mai 2009. Les Archives municipales de Cologne étaient toujours alors dans la première phase de récupération des documents : tri des documents à séparer des gravats, identification, intervention de première nécessité comme nettoyage et séchage, préparation des documents pour la lyophilisation alors que les pompiers étaient toujours les seuls à accéder à la zone du sinistre. Nos deux associations ont pris en charge les frais de transport vers Cologne des volontaires ainsi qu’ une assurance spéciale, le comité français du bouclier bleu s’est chargé des spécialistes de la restauration, ASF-section France des spécialistes du classement des archives. Sur place, la ville de Cologne assurait un hébergement gratuit des bénévoles, ainsi que la nourriture et les transports en bus. Cette mission fut un succès. Elle comprenait 16 personnes. Une seconde mission a eu lieu dans les mêmes conditions du 3 au 8 août. Elle était riche d’une vingtaine de membres et ce fut aussi un succès.

Ce dont je suis personnellement le plus fière dans cette opération c’est de ce plan d’action commun que nous avons pu déployer pour faciliter l’envoi du plan grand nombre possible de bénévoles à Cologne.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.

Danièle Neirinck, Présidente de AsF-France

 


 

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