Congés de solidarité internationale : 2015-2016 : Projet Haïti, Mission 2015-2016-2017

Le Centre d’Art a pu réaliser de nombreuses avancées en 2014-2015 avec la réouverture du site au public, une programmation culturelle, un plan de communication (site web, réseaux sociaux, affichages...). La collection est sommairement entretenue et une partie des archives a été en partie exploitée pour réaliser une première exposition sur l’histoire du Centre d’Art.
De grands défis attendent encore Le Centre d’Art qui doit, grâce à une équipe exécutive, encore se stabiliser pour conduire à bien de grands chantiers :

  • gestion des collections et des archives ;
  • programmation de cours et d’ateliers d’arts plastiques ;
  • mise sur pied d’un projet scientifique et culturel pérenne ;
  • relance des réseaux ;
  • recherche de fonds et la programmation architecturale pour un nouvel espace….

Ces axes sont alors essentiels pour le Centre d’Art qui entend valoriser son patrimoine et diffuser la connaissance de l’art haïtien.
Pour le traitement, l’accessibilité et la valorisation des archives, Le Centre d’Art avait besoin des compétences d’un professionnel. C’est ainsi que Véronique Parmentier, chef de mission sur la 1e intervention d’ASF réalisée quelques mois plus tôt avec Muriel Roussilles, s’est vu proposée d’intégrer la petite équipe du Centre d’Art en tant que volontaire durant près de 6 mois.
Sa mission a été de mettre sur pied un service documentation et archives dont les objectifs fixés étaient les suivants :
  • Poursuivre le traitement et l’analyse des archives et de la bibliothèque ;
  • Participer au développement du « Portail de l’Art haïtien » ;
  • Organiser la numérisation et la valorisation des documents importants et/ou les plus fragiles ;
  • Recruter et former un binôme haïtien pour assurer la continuité du poste ;
  • Permettre à terme l’accès à la recherche et accroître les publications.

La finalité de ce volontarait était également de former un(e) haïtien(ne) pour poursuivre le travail engagé depuis la mission ASF de mars 2015. C’est ainsi que Love-Mary Coqmar a été sélectionnée et recrutée pour occuper le poste pérenne de gestionnaire des ressources documentaires. Love-Mary et Véronique ont pu travailler de concert plusieurs mois durant afin de poser des bases solides à cette section ouvrant de nombreuses perspectives en terme de recherches, d’expositions, de diffusions (écrits, conférences...) avec comme matière première, le fonds d’archives exceptionnel.

 
Inscription au Registre de la mémoire du monde d’Amérique Latine et des Caraïbes
 
 

Le fonds d’archives du Centre d’Art, « Mémoire de l’art haïtien, histoire d’un lieu de création »

 
 

Le Centre d’Art a prévu la mise en ligne de son répertoire lors du prochain remaniement de son site internet en 2019. En attendant, il a permis à ASF-France de diffuser le répertoire (disponible en 3 langues) de ses archives, inscrites au MOWLAC depuis octobre 2017.

Programme « mémoire du monde » de l’UNESCO
Certificat d’inscription MOWLAC

Pour toute information complémentaire :
- Le site internet du Centre d’Art : https://www.lecentredart.org/
- Contactez le Centre d’Art : contact@lecentredart.org

« Le berceau de l’art haïtien »

Le Centre d’Art est aujourd’hui l’héritier du Centre d’Art de 1944 fondé par DeWitt Peters et des intellectuels haïtiens comme Albert Mangones, Georges Remponeau, Maurice Borno ou Jean Chenet afin de rassembler les artistes haïtiens, leur fournir formation et encadrement. A l’époque, il n’existait alors aucune galerie en Haïti ni d’école publique d’art. Aucune autorité gouvernementale ne s’occupait des questions de sauvegarde, de préservation, de développement ou de promotion du patrimoine culturel et artistique.

Si le fonds d’archives montre que le Centre d’Art a été conçu initialement comme un espace de formation et de production pour les artistes, il met également au jour son rôle prépondérant et exclusif dans la reconnaissance de l’art haïtien au niveau local et international. Il devient très rapidement une référence pour la diffusion de l’art haïtien, impulsant un changement considérable dans la perception de l’art à l’époque aussi bien en Haïti qu’à l’étranger. Des intellectuels venus d’Europe ou des États-Unis écrivent sur les artistes du Centre d’Art. André Breton met en avant un courant du surréalisme propre au pays qu’il appelle « Le Surréalisme haïtien ». Enfin, le Centre d’Art est à l’origine de l’émergence du courant dit « naïf », dès 1945.

Présentation du fonds d’archives

Les archives du Centre d’Art présentent, sous différents aspects, le fonctionnement de cette institution au travers de documents produits et reçus dans le cadre de ses activités. Elles témoignent de l’importante réflexion de nombreux intellectuels sur l’état de l’art, la société…
Essentiellement francophone et anglophone, ce fonds exceptionnel a la caractéristique de présenter une importante correspondance dans une douzaine d’autres langues (allemand, italien, espagnol, norvégien, danois, néerlandais, suédois, finnois, créole haïtien, portugais, maori)

Il représente près de 70 mètres linéaires :

  • 35 m.l de documents textuels se déclinant en 6 grandes séries organiques (administration générale, affaires financières, moyens internes, activités, relations et réseaux, artistes). Environ 3 m.l de documents ont, de plus, été mis en quarantaine par mesure de prévention (risque de contamination) dans l’attente d’une expertise sur leur état de conservation.
  • 3 m.l de documents iconographiques (photographies argentiques, diapositives, affiches, croquis...) organisés essentiellement par dossiers d’artiste (portraits, oeuvres, scènes de la vie quotidienne…).
  • 25 m.l pour la bibliothèque essentiellement centrée sur l’art (ouvrages, catalogues d’exposition, monographies, revues...) en particulier haïtien et de manière plus générale, international. Elle propose également des lectures littéraires, historiques, touristiques, géographiques, socio-politiques...

Les archives ont déjà contribué à :
- enrichir le portail de l’art haïtien ;
- préparer et documenter des expositions comme "Jasmin Joseph, le conte du hibou" ;
- rédiger des articles, des biographies... ;
- orienter des universitaires, professionnels, artistes... dans leurs recherches ;

Dans un contexte où les espaces culturels du pays sont mis à mal, la préservation et la valorisation de ce patrimoine sauvegardé est primordial. Ces archives, richement documentées et de supports variés (textuel, photographique...) témoignent en effet de l’histoire institutionnelle et artistique. Elles constituent aujourd’hui un patrimoine unique en Haïti reconnu par l’UNESCO. Depuis le 27 octobre 2017, le fonds est inscrit au registre de la mémoire du monde pour l’Amérique latine et les Caraïbes .

Documents-joints
 

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(PDF – 4.3 Mo)
        

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