Carnet de mission : Projet Burkina Faso, Mission 2018

Cette mission doit servir de test pour la création de chantiers-écoles dans le cadre d’un
projet de coopération décentralisée. Des élèves de la filière archives de l’Ecole Nationale
d’Administration et de la Magistrature (ENAM) du Burkina Faso et des élèves du master gestion de l’archivage de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines participent à cette aventure.

 
 
 

Jours 15 et 16

 
 

Samedi 22 et dimanche 23 septembre

Nous voilà de retour à Ouagadougou, après 5h30 de route et quelques centaines de dos d’ânes… Nous allons directement chez Marc, qui a une maison à Ouagadougou, où nous retrouvons avec plaisir Sovannara.

Repos l’après-midi, quelques achats de souvenirs. Le soir, Antoine Atiou, le gouverneur de Bobo, en déplacement à Ouagadougou, vient dîner avec nous. L’occasion de le remercier une fois de plus car nous avons pu travailler dans des conditions tout à fait exceptionnelles grâce à lui.
Le lendemain, repos avant de reprendre l’avion. Plusieurs amis de Marc viennent le saluer. Nous avons aussi l’occasion de rencontrer et d’échanger avec Albert Ouedraogo, archiviste d’Etat au ministère de l’économie. Il prépare une thèse sur la conservation des archives dans les pays d’Afrique subtropicale, à l’université de Lomé au Togo. Il y a quelques années, il est venu faire un stage aux Archives municipales de Marseille.

Que retenir de cette mission ? La liste serait trop longue, mais il est possible de relater quelques anecdotes :

  • Le premier jour, nous avons aménagé la salle de travail. Malheureusement, par manque de tables, il a aussi fallu s’installer par terre. Un collègue est venu voir Jérôme et lui a demandé pourquoi il travaillait ainsi. Surpris, celui-ci lui a demandé ce qu’il aurait fait. Le collègue a indiqué qu’il aurait attendu qu’une place se libère sur la table. C’est vrai, l’appréhension du temps ici est différente. Heureusement, tous ont bien compris que nous n’avions de deux semaines devant nous et ils se sont adaptés à notre rythme, comme nous nous sommes adaptés sur d’autres points.
  • En terminant à 16h30, le temps de prendre une douche, et le soleil se couchant à 18h30, il n’était pas question de faire du tourisme la semaine. Les anecdotes que nous avons concernent donc plutôt les repas. Ainsi, nous avons été invités avec le gouverneur chez un restaurateur de Bobo qui a appris son métier avec un français de Carcassonne. Ravi de rencontrer quelqu’un venant de la même région que son mentor (Marc), il avait préparé… un cassoulet ! Scène surréaliste que de manger ce plat au Burkina. Et ne demandez pas de poivre, le restaurateur n’en avait pas et nous a proposé… du cumin. Mais le cassoulet n’était que le premier plat de résistance d’un repas qui aura comporté en tout apéritif, six plats et un dessert, sans compter le riz et les légumes en accompagnement, avec obligation de prendre un peu de tout pour lui faire honneur. Nous sommes sortis avec difficulté de ce repas gargantuesque, d’autant qu’il a fallu remettre ça la seconde semaine, le restaurateur étant ravi de nous recevoir avec le gouverneur.
  • Autre anecdote culinaire, celle des chenilles. Il s’agit du plat typique de Bobo. La chenille de l’arbre de Karité est séchée. Elle peut se manger ainsi (un goût de bois et de fumée) mais elle est surtout préparée en plat. Réhydratée une heure dans l’eau, elle est ensuite cuisinée dans une sauce à base de tomates et d’oignons. C’est un plat hyper protéiné. Il ne se prépare que dans les familles, on ne le trouve donc pas à la carte des restaurants. Jérôme tenant à y goûter, il lui a donc fallu passer une commande spéciale. Au final : ce n’est pas mauvais mais une assiette, c’est bien assez !

Enfin, ce dernier billet pour faire part de toute la richesse d’une telle expérience, tant au niveau personnel que professionnel. Nous représentons l’archivistique française et son savoir-faire, largement reconnu. Et pourtant, nous devons adapter, sur certains terrains et dans certains contextes, nos pratiques professionnelles. Bien que d’un niveau très hétérogène, tous les participants au chantier ont été attentifs et motivés. Nous nous sommes enrichis à leur contact autant qu’eux, l’espère-t-on, se sont enrichi au nôtre. Nous aurions bien entendu aimé avoir plus de temps pour découvrir le pays, et nous ne sommes jamais à l’abri de soucis de santé. Toutefois, tout ce que nous en retirons compense largement toutes les péripéties et c’est une expérience que nous recommandons vivement à tous les collègues.

J.B

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Jour 14

 
 

Vendredi 21 septembre

Nous voici le dernier jour de la mission !!!
C’est le branle-bas pour la dernière ligne droite. Il ne s’agit plus de faire dans la dentelle et encore moins dans l’analyse pièce à pièce ! Nous rappelons donc les consignes : rapidité, efficacité !

Nous rencontrons encore des soucis dans l’analyse avec certains stagiaires alors que nous pensions que le principe avait été compris, ou dans le classement de certains documents dans telle ou telle thématique. Mais la formation, c’est souvent la répétition.

Chacun s’attribue un petit morceau de ce qui reste à traiter. En fin de matinée, nous avons la bonne surprise de voir arriver quelques dizaines de boites d’archives neuves, données par le Haut-Commissariat, alors que le tri du vrac (sa répartition) est terminé.

Analyse, rédaction, conditionnement, cotation, transport dans le local archives… La journée passe à un rythme effréné. A 16h15-16h30, heure où nous arrêtons habituellement, nous sommes loin d’avoir terminé. En plus, un orage violent comme seule la saison des pluies en réserve interrompt nos transports d’archives vers le local de conservation.

Finalement, nous cotons les dernières boites à 18h30, soulagés et un peu incrédules d’être arrivé au bout de la mission. Certes, dans l’urgence il a fallu faire des concessions, comme de laisser en HC quelques documents de la période coloniale. Mais tout est indexé, il ne reste qu’un travail de reprise des notes manuscrites et de saisie que Marc réalisera à son retour en France.

Au final, nous aurons traité quelques 300 ml de documents. La série C comporte 188 cotes, la série HC comporte 53 sous-séries et 864 cotes, le JO est rangé chronologiquement en 202 liasses et les périodiques comportent 92 titres différents (dont seulement 4 sont actifs).

Par manque de temps, nous n’avons pas réalisé de bordereau d’élimination de ce que nous avons détruit. Il aurait également fallu, pour être optimal, travailler avec les différents services du gouvernorat pour créer un tableau de gestion exhaustif. Et il reste à classer toutes les archives du Gouvernorat (2004 à nos jours), celles qui sont dans le local archives mais surtout celles qui se trouvent encore dans les services. Peut-être l’occasion d’une prochaine mission ?

Par le tri, le classement et la conservation des journaux et périodiques dans une autre salle, la moitié de la salle d’archives est libre. De quoi accueillir quelques années de versements.

Nous terminons par un mot d’adieu et de remerciements pour les participants, et par la remise d’attestation de stages, co-signées par le Gouverneur et par Marc en tant que chef de mission, qui s’apparente en tous points à une remise de diplômes.
Merci à tous les collègues de Bobo !!!

J.B

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Jour 13

 
 

Le stress monte, la fin de la mission s’approchant. Les binômes fonctionnent plus ou moins bien : c’est une façon de travailler qui n’est pas dans les habitudes de nos collègues. Parfois, la mayonnaise prend bien, l’un décrit le contenu et recherche les dates extrêmes, l’autre met en forme et rédige. Parfois, un seul sur les deux travaille, d’autres fois encore les deux travaillent de leur côté, sur une partie du fonds. Ce qui n’aboutit pas à un résultat satisfaisant, aucun des deux n’ayant de vision sur l’ensemble de la série. Il faut parfois affiner et reprendre les analyses.

Les trois derniers jours de mission, un nouveau collègue est venu nous aider, l’archiviste de la direction départementale de la sécurité. Chose rare au Burkina, pour ne pas dire exceptionnelle, son Ministère de tutelle dispose d’un tableau de gestion pour ses archives. C’est un archiviste privé qui l’a réalisé. Le collègue nous l’a montré. Il est certainement perfectible mais c’est déjà une bonne base. Malheureusement, le Centre national des Archives ne réalisent pas systématiquement ce travail auprès des Ministères.

Le vrac diminue et les tas réalisés par thématique (urbanisme, association, entreprise, élevage et agriculture, éducation, santé, etc.) se constituent. Aurons-nous terminé demain ?

Petit focus sur la faune : nous n’avons pas croisé beaucoup d’animaux pendant ces deux semaines : des escargots (saison des pluies oblige), des margouillats (de gros lézards), un mille-pattes de belle taille, et des chenilles comestibles (mais nous y reviendrons)…

Finalement, pas beaucoup de bébêtes dans les archives, à part quelques araignées et des poissons d’argents.

J.B

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Jour 12

 
 

Mercredi 19 septembre

Marc supervise
Classement

Le classement avance, par séries. Marc décide de passer les trois derniers jours avec les étudiants pour les orienter et les aider au classement des archives coloniales, notre série « C » (non pas comme « coloniale » mais comme « cercle », nom du territoire administratif à l’époque coloniale. Nous classons les archives du « Cercle » de Bobo-Dioulasso).
Parallèlement, nous commençons à rapatrier les archives classées et cotées dans la salle archives, dans l’ordre des « versements » en série HC (1 HC, puis 2 HC…). Nous commençons ainsi, enfin, à voir aboutir notre travail !
Un autre souci se fait jour : le manque de boites. Il n’a pas été possible de récupérer toutes les boites et une grande partie des archives étaient en vrac dans le local. Le gouverneur avait prévu un certain stock, à notre arrivée, mais celui-ci s’épuise. Il semble difficile d’en récupérer d’autres.
Nous tenons beaucoup au principe de l’anonymisation des boites : seule la cote est mentionnée. Lorsque la boite est en bon état et qu’elle n’a été utilisée que sur une face, nous pouvons caviarder les informations écrites et la retourner. Mais ce n’est pas toujours possible.
Nous décidons alors de retourner complètement la boite, comme un gant que l’on mettrait à envers. Il faut l’ouvrir complètement et la remonter dans l’autre sens. L’intérieur, souvent marron clair, se retrouve à l’extérieur et permet d’avoir l’apparence d’une boite neuve. Il s’agit bien entendu de boites de « bureau », le gouvernorat n’ayant pas les moyens de payer des boites de conservation.

Des archives prêtes !
Retour des archives dans le local 2
Retour des archives dans le local 1
Retour des archives dans le local 3
Retour des archives dans le local 4

Certaines séries sont « artificielles » et correspondent à une pratique locale mais pas vraiment archivistique. Ainsi, outre les collections de correspondance et de notes de service, que nous trouvons aussi dans nos services, nous trouvons également des collections de comptes rendus de réunions, totalement séparés de leur fonds de dossier. Nous avons également de très importantes collections de notes ministérielles, bien entendu en copie. En France, nous les éliminons, mais nous préférons les conserver, n’étant pas certains que ni les services producteurs ni les Archives nationales ne les conservent.

Il reste du vrac

Nous trouvons quelques perles, comme des archives sur la construction de la ligne de chemin de fer Ouaga-Bobo entre 1960 et 1963, la construction de l’aérodrome de Bobo, qui existe toujours, en 1965, ou encore des plans cadastraux partiels de la vile de Bobo dans les années 80 (il n’existe aucun cadastre général au Burkina). Mais le tri du vrac n’est pas terminé, il ne nous reste que peu de temps…

La gare de Bobo

La leçon du jour : ne pas hésiter à recourir au système D et à faire preuve d’imagination quand on manque de matériel !!!

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Jour 11

 
 

Mardi 18 septembre

Revenons un peu sur l’aspect « chantier-école » : dès le départ, il n’était pas question pour nous d’assurer des formations théoriques. C’est une mission où l’on apprend en pratiquant ! Mais là encore, il faut dissocier les participants qui sont des archivistes avec une certaine expérience (théorique ou pratique) et ceux qui n’ont que leur bonne volonté (ce qui est déjà l’essentiel !). Dès le départ, Marc est davantage resté avec le premier groupe, Jérôme avec le second. La répartition s’est faite naturellement.
Marc a donc donné des consignes pour réaliser un classement à l’aide de fiches qui permettent ensuite de procéder à des regroupements en vue de la réalisation de l’instrument de recherche. Il travaille avec les collègues burkinabés, chacun traitant sa liasse individuellement.

Avec des novices complets, y compris les trois étudiants de l’université de Koudougou, le travail est forcément moins conceptuel. L’intérêt de commencer par les journaux, les revues et le JO était justement de leur donner quelques bases en termes de conditionnement, de cotation… Ce travail étant terminé, ce groupe travaille sur les fonds sériels. L’idée est également de les faire travailler par groupe de deux ou trois, ce qui est plus motivant, tout en respectant certaines règles (pas de musique dans la salle par exemple). Nous avons aussi deux employés du gouvernorat qui ne peuvent pas classer : heureusement, nous avons aussi besoin de bras pour le reconditionnement (en particulier l’emballage en papier kraft) et pour les transports des documents entre le local archives et notre salle de travail, et ils sont aussi motivés que le reste des participants.
L’ambiance est toujours bonne, la motivation reste intacte (une partie des participants voulaient même venir travailler le week-end !), mais il faut toujours passer d’un groupe à l’autre pour répondre aux questions, orienter sur la rédaction des analyses et éviter les digressions lorsque le lot est terminé. En effet, dans ce cas, l’attrait du smartphone est souvent le plus fort !!!

Plusieurs fois pendant le séjour, Jérôme a aussi assuré une mini formation de 10-15 mn le matin sur un sujet précis : sur le JO et son intérêt pour le public et l’administration, sur la conservation préventive et l’acidité du papier, sur les fonds (qu’est-ce qu’un fond fermé, un fond ouvert), la cotation (cotation par séries, les séries continues, avantages et inconvénients, à la boite ou au dossier…), l’analyse (objet, action, typologie), l’élimination, la communication au public… Dans ce cas, tous les participants sont présents.

Pour revenir au travail de la semaine, le manque de place dans la salle nous pose un réel problème. Il est impossible de continuer à trier et à classer par thématique. Le fonds des archives coloniales est clos, bien entendu, mais relativement peu volumineux (quelques ml). Nous convenons de conserver le classement par séries comme prévu initialement. Par contre, pour les archives du Haut-commissariat, nous décidons de procéder à un classement continu. La série HD sera donc traitée en versements, comme l’équivalent de la série W dans les archives publiques françaises. Ainsi, si le 1 HD concerne les archives des associations, il est tout à fait possible que le 12 HD (par exemple) concerne la même thématique. Il faut noter une particularité du fonctionnement administratif du Burkina concernant les associations : le Haut-commissariat procède à l’enregistrement des déclarations d’associations et délivre une accréditation, équivalent de notre enregistrement délivré par la Préfecture, mais celle-ci doit être renouvelé tous les dix ans et les structures doivent redéposer un dossier complet mis à jour. Le fonds des associations est donc très important.
Nous pouvons donc commencer le conditionnement et la cotation pour les archives du Haut-commissariat.

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Jour 10

 
 

Lundi 17 septembre

Après un week-end de repos, nécessaire, nous voici de retour au travail. Comme nous le redoutions, la salle d’archives n’a pas été nettoyée. Branle-bas de combat et intervention du gouverneur, elle l’est dans la matinée. Nous obtenons également la mise en place d’une serrure sur la porte du local archives et des réparations sur les rayonnages en bois. En effet, le local est équipé pour environ 1/3 de rayonnages métalliques fixes, et pour ses 2/3 de rayonnages en bois, très épais. Dans l’attente d’un éventuel remplacement de ce mobilier par du mobilier métallique, une réparation est nécessaire. Le menuisier va également réaliser deux travées supplémentaires.

Le local vide avant nettoyage

Nous mesurons tout le travail qu’il reste à réaliser en cinq jours. Nous répartissons les participants (nous sommes une vingtaine à ce moment-là) en trois équipes :
• Les étudiants, Anatole, Adèle et Sihem, vont se concentrer sur les archives de la période coloniale (Sovannara est à Ouagadougou pour raison de santé) ;

Archives coloniales 1
Archives coloniales 2

• Les archivistes burkinabés expérimentés classent les archives du Haut-commissariat (1960-2004) déjà répartis en thématiques ;

Archives du Haut commissariat

• Les jeunes archivistes et le personnel du gouvernorat venus à notre aide sur le tri du vrac. Nous reprenons pour cela la répartition par série des archives du Haut-commissariat telle qu’elle a été réalisée la semaine précédente.

Les étudiants au travail

L’accumulation des archives dans la salle fait qu’il est difficile de se déplacer et de travailler correctement. Dès le nettoyage de la salle archives terminé, nous procédons donc au retour du Journal Officiel afin de nous dégager un peu d’espace. Rappelons ici l’importance du JO pour le Burkina, les difficultés récurrentes pour se connecter à Internet rendant toute son importance à l’exemplaire papier, sans compter qu’il s’agit du plus ancien document conservé au gouvernorat, datant de 1898. La collection est relativement complète, commence par le JO de l’Afrique Occidentale Française, puis le JO de la Haute-Volta, avant de devenir le JO de la République du Burkina Faso. Les archives, pour leur part, commencent à 1912.

La pause déjeuner est l’occasion de découvrir les goyaves, une odeur extraordinaire mais assez fade en bouche, et les papayes qui, de par leur texture, ressemblent au melon.

Pause déjeuner
Goyave
Goyave ouverte
Papaye

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Un week-end bien mérité

 
 

Après un long voyage de Paris à Ouagadougou jusqu’à Bobo-Dioulasso, nous avons enchainé ces 5 premiers jours de mission « chantier-école », riches en échanges archivistiques. Le week-end est arrivé et il est accueilli avec grand plaisir par tous. Nous allons pouvoir nous poser un peu et découvrir une autre facette du Burkina.

Samedi 15 septembre

Désiré, le frère du gouverneur nous conduit à l’extérieur de Bobo à la Guinguette-maquis, située en bordure d’eau et en lisière de forêt. Les pluies ont transformé le chemin y menant en véritable bourbier.

Habituellement, l’eau est plus claire et permet de s’y baigner mais pendant la saison des pluies, elle se charge d’alluvions et lui donne cette apparence boueuse.

Dans les maquis, surtout situés en-dehors des villes, le menu est souvent unique (poulet grillé et riz) mais on ne peut pas plus frais ! En effet, les poulets sont tués (et préparés) à l’arrivée des clients. Pour l’anecdote, Marc a déjà eu l’occasion, lors de séjours antérieurs, de choisir son repas directement dans le poulailler.

En Afrique, le temps se savourent au propre comme au figuré. Le tout est arrosé de Brakina, une bière largement répandue au Burkina. Après ces quelques heures passées à table, nous allons visiter la forêt protégée de Kou.

A l’entrée, une maison traditionnelle en terre, avec un étage, a été reconstituée mais faute d’entretien, elle tombe en ruine.

Là encore, la boue nous empêche de nous engager trop loin.

La forêt possède une source résurgente, toujours en eau. Nous ne verrons pas d’animaux malheureusement mais de très beaux arbres majestueux.

Au retour, des enfants d’un village prennent la pause sur leur charrette tirée par un âne. Ce dernier est de plus en plus remplacé par la mobylette ce qui n’arrange pas le niveau élevé de pollution.

Les villes burkinabées sont très polluées, que ce soit par les gaz d’échappement ou par les déchets plastiques omniprésents : sacs noirs mais surtout sachets d’eau. Les habitants ne boivent pas toujours l’eau du robinet (quand ils ont un robinet), pas toujours potable. Les poches d’eau de 30 ou 40 cl achetés auprès de vendeurs ambulants au prix de 5 cts d’€ se trouvent partout et notamment dans les rivières traversant les villes, véritables égouts à ciel ouvert.

Une particularité bobolaise : des silures (poissons d’eau douce) vivent dans la rivière traversant la ville. Plus petit que les nôtres, ils sont noirs. Les habitants ne les pêchent pas, considérant ces animaux comme sacrés.

Dimanche 16 septembre

Au programme : visite du marché, de la vieille mosquée, de la cathédrale et du vieux Bobo.

Le marché est réparti par secteurs (la viande, le tissu, l’artisanat...), on y trouve de tout. Arpenter ses allées, nous permet d’appréhender le pays sous son aspect socio-économique mais également d’y découvrir un bel artisanat de bois, cuivre et fer. La région de Bobo est connue pour ses plantations de coton et pour son tissu, le cocodialo.

Notre balade nous amene vers la cathédrale. Le bâtiment en terre du XIIe siècle, en cour de rénovation, est actuellement fermé. Nous montons sur le toit d’où nous pouvons admirer la vue sur le minaret.

La journée s’achève dans le vieux Bobo, le village d’origine mais également le quartier le plus pauvre de la ville. Nous y découvrons « le totem », monticule de terre sur lequel se pratiquent des sacrifices (poulet, chèvre, mouton, boeuf…) .Nous assistons également à la fabrication traditionnelle de la bière, à base de grains de mil.

Au retour, Désiré nous arrête dans l’ancien zoo de Bobo, fermé depuis une quinzaine d’année faute de moyens. Lolita, chimpanzé femelle d’une cinquantaine d’année, y reste la seule résidente et est nourrie par d’anciens gardiens ou par quelques visiteurs.

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Fin de la 1e semaine... déjà !

 
 

Pour permettre aux femmes de ménage de nettoyer le local d’archives durant le week-end, la priorité de notre journée est donc finir de vider ce qu’il reste dans cet espace c’est à dire tout le vrac ! Il nous faut également achever le classement des journaux officiels. Très vite, nous mesurons l’ampleur de la tâche pour cette seule journée.

Vendredi 14 septembre

Il pleut... et au Burkina Faso, ce n’est pas un détail. Alors que notre temps est compté, tout s’est arrêté ! Alors patiemment, nous attendons...

Le chauffeur n’est pas là... nous attendons studieusement

Après une bonne heure d’attente, nous sommes enfin de retour sur le site de traitement... le travail peut reprendre.

Ce n’est que très récemment, faisant suite au déplacement préparatoire de la mission par Christine Martinez et Marc Trille, que le gouverneur a permis l’amélioration des conditions de conservation dans le local d’archives en y faisant :

  • monter une climatisation,
  • poser des vitrages aux fenêtres.

Ces « petits » aménagements sont un luxe dont les locaux d’archivage précédemment visités ne peuvent se prévaloir. Mais la poussière n’a pas disparu pour autant. Toutes les boites sont recouvertes de cette terre rouge si caractéristique au Burkina. Portée par le vent lors de la période sèche, elle s’incruste partout.

Le masque s’impose, de même qu’une opération rapide et collective de dépoussiérage, avant de faire entrer les documents dans le local de travail.

Les documents s’entassent partout dans la pièce, nous avons du mal à nous déplacer. Nous décidons de répartir tout ce vrac en trois piles distinctes. Pour une question pratique de gestion de l’espace, nous ne procédons à ce stade à aucun classement.

Pour autant, les documents antérieurs à 1960 sont directement extraits afin d’être traités avec les archives de la période coloniale. Il y aura malheureusement quelques loupés que nous ne découvrirons qu’à la fin de la mission.

Beaucoup de documents sont en liasse. Nous espérons que ce vrac ne soit que « relatif » et que nous allons retrouver une structuration documentaire. Malheureusement, un examen plus fin nous révèlera que ce vrac est avéré et que ce regroupement de documents en liasse ne correspond à rien.

En fin de journée, la peau et les vêtements sont recouverts de poussière. Nous en avons également dans le nez, la gorge... La douche est salutaire !

Physiquement, cette journée a été la plus éprouvante de notre séjour jusqu’à maintenant. Heureusement, c’est le week-end !

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Visite de la DRRT et de la mairie de Bobo

 
 

Répondre aux diverses invitations est un devoir incontournable durant nos missions. Ces moments d’échanges renforcent en effet les liens, participent plus généralement à la sensibilisation pour une bonne gouvernance des archives et permettent de se confronter à des modes de gestion différentes.
Tous les participants au chantier-école se sont ainsi rendus à la Direction régionale des routes et transports (DRRT) puis à la mairie de Bobo.

Jeudi 13 novembre

Ce matin, nous répondons à deux invitations :

  • la Direction régionale des routes et transports
  • la mairie de Bobo

    Pour les agents de ces deux structures qui participent au stage, ces visites sont le moyen d’attirer l’attention de leur hiérarchie sur leur service. De plus grâce à la cérémonie d’ouverture du chantier-école de la veille, le travail que nous menons de concert, archivistes et stagiaires franco-burkinabé, a une réelle visibilité mais permet également d’avoir une véritable reconnaissance.

    A la Direction régionale des routes et transports, nous sommes reçus par le directeur avant de visiter les locaux d’archives avec Hervé Sib, l’archiviste d’Etat.

    La majeure partie de son fonds d’archives concerne les permis de conduire et les enregistrements de véhicules (immatriculation). Ces derniers sont différents qu’’il s’agisse d’une moto ou d’une voiture. Les deux systèmes entrainent donc un classement séparé.

    Le système d’immatriculation des voitures ayant totalement changé, tous les dossiers antérieurs à 1996 sont devenus obsolètes. Une demande d’élimination doit alors remonter jusqu’au ministre des transports. Le délai d’obtention du visa peut prendre plusieurs mois. Un contrôle du bordereau est également effectué par les Archives nationales.
    Ici, pas de boite mais des chemises à sangles. Il n’y a ni anonymisation des dossiers ni registre et encore moins d’instrument de recherche. En recherche permanente d’espace, l’archiviste se voit dans l’obligation de faire du simple stockage.

    Nous prenons ensuite la direction la mairie de Bobo. La situation est radicalement différente : les archives ont de la place et sont installées dans un ancien entrepôt de produits pharmaceutiques, très haut de plafond et avec des alcôves en béton qui font office d’étagères.

    L’Etat civil qui remonte aux années 1920 a été classé il y a quelques années par Marc, notre chef de mission. Un projet interne de numérisation a été envisagé un temps mais n’a finalement pas eu abouti, faute de moyen pour l’achat d’un scanner (avis aux éventuels donateurs). La visite s’achève par le bureau du personnel. Nous avons pu constater de la bonne gestion courante des dossiers des agents municipaux. Pour autant, aucun tableau de gestion n’a été élaboré que ce soit à la mairie de Bobo qu’à la DRRT.

    Nous sommes de retour au gouvernorat à 10h et reprenons le cours de la mission. Le traitement des archives de la période coloniale progresse tout comme celui des archives du Haut-gouvernorat et du journal officiel. L’objectif du jour est de ranger les journaux dans un espace dédié d’un bâtiment un peu excentré des autres.

    Madame Traoré, directrice des archives du gouvernorat

Ce local ne dispose pas de vitre aux fenêtres, premières protections contre les éléments extérieurs (poussière, insectes...). Un nettoyage préalable au transfert s’impose complété de quelques aménagements succincts ayant pour but d’empêcher les termites de s’attaquer au papier. Les liasses de journaux sont alors positionnées sur de vieux meubles à clapets posés à plat au sol et à bonne distance des murs ce qui, en l’absence de rayonnages classiques, fait l’affaire.

Parallèlement, nous poursuivons le transfert des archives et le dépoussiérage.

Le local archives a été récemment équipé de vitres aux fenêtres. Pendant des années, à la saisons sèche, la poussière s’engouffrait dans la pièce. Malgré de ponctuels nettoyages, la terre rouge est omniprésente !

  Permalien      Poster un message     

 
 
 

Ouverture officielle du chantier-école

 
 

La mission connait un des temps forts de ces 15 jours au Burkina Faso : l’ouverture officielle du chantier-école prononcée par le gouverneur Antoine Atiou lors d’une cérémonie protocolaire.

Mercredi 12 septembre.

A 10h du matin, après deux nouveaux transferts d’archives, un temps protocolaire nous attend, celui de l’annonce de l’ouverture officielle du chantier-école prononcée par le gouverneur Antoine Atiou en présence de personnalités locales, représentantes de diverses administrations telles que :

  • la mairie,
  • le Conseil régional,
  • la Direction Régionale des Routes et Transport et
  • le Haut-commissariat.

Pour l’occasion, notre local de travail est transformé en salle protocolaire.

Marc Trille, notre chef de mission, prononce alors le premier discours. Il présente la mission, ses objectifs et ses perspectives.

La parole est ensuite donnée au gouverneur qui exprime son vif intérêt pour les archives. La presse locale, écrite et audio-visuelle, est présente pour couvrir cet évènement.

Nous reprenons ensuite le travail alternant entre transfert d’archives, dépoussiérage, premier tri chrono-thématique et classement.
Nous sommes répartis en trois groupes :

  • 1e groupe : Sihem, Sovannara, Adèle et Anatole sur les archives coloniales.
  • 2e groupe : Marc, les archivistes du gouvernorat et de la mairie sur les archives du Haut-commissariat (1960-2004). Le groupe s’attaque à un fonds important en vrac qui nécessite une analyse rapide, pièce à pièce.
  • 3e groupe : Jérôme, les étudiants de Koudougou et les volontaires sans formation en archivistique sur le classement chronologique et la cotation du journal officiel.

L’archiviste de la Direction régionale des transports, Hervé Sib et un nouveau volontaire du gouvernorat, Jean-Marc, viennent renforcer l’équipe. Avec ces nouveaux participants, nous atteignons désormais la vingtaine de stagiaires.

Le soir-même, un premier reportage est diffusé. Ce dernier a déclenché une prise de contact entre le président de l’université de Bobo (qui ne dispose pas de formation en archivage) et le gouverneur. Le lendemain, un article paraitra également dans la presse locale.

Le voyage est également fait de découvertes... Le hasard nous amène dans un maquis-pizzeria tenu par patron espagnol pour diner le soir. Savourer une pizza au beau milieu du Burkina Faso nous donne une étrange sensation. Nous apprenons à cette occasion qu’il n’est pas rare de trouver ce plat dans le pays.

  Permalien      Poster un message     

 
|

ASF-France ?
 

La section française d’Archivistes sans frontières (ASF-France) est membre d’Archivistes sans frontières - International (ASF-International), créé en 1998 par des collègues catalans et qui dispose aujourd’hui de statuts internationaux.

Adhérer / Participer
 

ASF-France est une association sans but lucratif dont le fonctionnement et les activités dépendent de l’investissement personnel des membres, du soutien financier de partenaires et de subventions institutionnelles.

Faire appel à ASF ?
 

L’association Archivistes sans frontières-section France (ASF-France) intervient pour mener à bien des opérations ou activités qui répondent aux principes et valeurs énoncés dans ses statuts.

 

Archivistes sans frontières | ASF-France