Carnet de mission : Projet Haïti, Mission 2011

Sauvetage des archives des ministères haïtiens par Archivistes sans frontières

 
 
 

Ce n’est qu’un aurevoir !

 
 

15 jours déjà se sont écoulés… La mission de la première équipe touche à sa fin. Christophe a déjà repris la direction de la France, hier matin.

Jean-Euphèle Milcé et Véronique ont mis plus de 2 heures pour effectuer les quelques kilomètres qui séparent l’aéroport du site du bicentenaire où est situé le bâtiment d’archives du MAE.

Alors que les pompiers luttaient contre un incendie sur le port, toute la circulation avait été déviée dans les rues de Port-au-Prince déjà surchargées de débris, de vendeurs, de tentes… L’occasion a été donnée de passer devant le 1e bâtiment restauré après le séisme : un immense marché couvert.

Midi allait sonner quand ils sont enfin arrivés au MAE, juste à temps pour accueillir un container de matériel (mobilier, ordinateurs…) pour la bibliothèque et les archives. Pendant le déchargement, Véronique a poursuivi ses relevés dans les magasins. Elle en a profité pour calibrer les deux hygromètres mécaniques dans le magasin du rez-de-chaussée et la salle de traitement.

14h, départ pour les Archives nationales. Une réunion importante attend Jean-Euphèle Milcé et Jean-Wilfrid Bertrand. Durant ce temps, Véronique et Jean-Kern Berlizaire ont pu discuter de la notion d’archivistique en Haïti, de la situation des archives de l’Etat ainsi que de la nécessité de procédures et d’organismes de formation. Vers 16h, retour au MAE pour une visite du bâtiment avec deux personnes de l’ICCO. À 17h, Véronique a passé une dernière fois le portail du MAE… avec un pincement au coeur, il y a encore tellement de travail à faire !

Dans quelques heures, ce mercredi, elle prendra à son tour un vol pour Paris. Le rapport complet de mission sera finalisé dans les prochains jours. Il servira de fil conducteur entre les différentes missions. Il reprendra l’état des lieux, le plan d’action et les procédures enclenchées (circulation des documents, plan de classement…) et celles à mettre en oeuvre.

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Deuxième et dernier week-end

 
 

Le week-end se termine. Alternant entre travail et repos, il a été tout aussi intense que la semaine passée.

Jean-Euphèle Milcé souhaitait profiter des derniers jours de mission pour nous montrer un autre aspect d’Haïti. Après quelques heures de bouchons et quelques kilomètres, nous avons donc vu la mer pour savourer un magnifique coucher de soleil loin de l’agitation incessante de Port-au-Prince.

Cette petite pause accordée, nous nous sommes remis au travail. Installés dans le salon de notre logement (un « bed and breakfast » chez l’habitant), nous avons peaufiné tous nos dossiers de travail. Ils seront rassemblés dans un rapport que nous voulons le plus complet possible.

En ce dimanche soir, toutes nos pensées vont à Maurice. Accompagné de feuilles de « lalo », ce coq a fait le régal de nos estomacs.

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Jour de formation

 
 

Aujourd’hui nous faisons une restitution de notre travail à une partie de l’équipe. Le but est en effet de ne pas repartir en laissant notre travail en plan mais de permettre au MAE de commencer à exploiter tout ce qui a déjà été accompli. Les outils ms en place sont un départ avant le possible établissement de tableaux de gestion et de procédures de versement.

Véronique s’occupe d’expliquer le plan de classement, comment il a été conçu, comment l’équipe pourra le faire évoluer, ses avantages et ses principes, que c’est une version adaptée au MAE et qu’il concerne l’arriéré. Un plan de classement pour les archives courantes pourra en effet être établi et différer un peu de celui-ci.

Christophe quant à lui fait une rapide formation sur tableur pour que l’équipe puisse commencer à saisir les fiches papier sur informatique. Cela permettra d’effectuer des recherches sur les 600 boîtes d’archives déjà identifiées, et cela met en place un système qui servira pour les analyses des dossiers restant à traiter.

La saisie sur informatique ne pourra se faire au mieux qu’à partir de la semaine prochaine car les ordinateurs tout droit arrivés de France ne sont pas encore équipés de prise haïtiennes (modèle USA).

Nous restons un peu plus tard sur le bas de Port-au-Prince en attendant la fin des manifestations favorables au retour d’Aristide pour nous assurer un trajet retour tranquille. Le weekend commence ainsi paisiblement. Nous devrions terminer nos tutoriels et divers documents que nous laisserons à l’équipe, en essayant d’agrémenter cela d’une ballade selon les possibilités.

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Aux Archives nationales

 
 

La journée avait bien commencé ! En effet, la circulation entre Pétion-Ville et Port-au-Prince était plus fluide que d’habitude. Nous nous réjouissions déjà du temps gagné aux archives du MAE avant notre rendez-vous aux Archives nationales en fin de matinée.

A un battement d’ailes du bâtiment, le moteur a commencé à surchauffer de manière très inquiétante. Jean-Euphèle Milcé décide alors de ne pas prendre de risque et de se diriger vers le garagiste (assermenté pour les services de l’Etat) le plus proche. 5 à 7 mécaniciens se sont penchés sur notre problème durant plus d’une heure.

Grâce à leur efficacité, nous avons réussi à être à l’heure pour notre rencontre avec Jean-Wilfrid Bertrand, le Directeur Général des Archives nationales d’Haïti. Nous avons été accueillis très chaleureusement dans son bureau. Quelques membres de son équipe ont été invités à se joindre à nous. Durant plus d’une heure, nous avons échangé sur la situation plus que préoccupante des archives ministérielles en Haïti, des projets en cours et de ceux à venir.

En début d’après-midi, Jean-Wilfrid Bertrand nous a fait l’immense honneur de nous faire visiter le bâtiment dans ses moindres recoins : les magasins, l’atelier de restauration, la salle de numérisation… Ce bâtiment, classé monument historique, a été construit en 1934. Il avait, à l’époque, vocation d’accueillir un marché. Quoi qu’ayant souffert du séisme du 12 janvier 2010, la structure a bien résisté et un minimum de dégâts ont été constatés.

Avant de quitter les AN, Jean-Wilfrid Bertrand a tenu à nous montrer le plus vieux document détenu : un registre d’état civil (naissances, mariages et décès) de l’époque coloniale datant de 1793 entièrement restauré par ses services.

Nous nous sommes tous ensuite rendus sur le site du MAE afin que les Archives nationales puissent constater le travail effectué l’équipe de Jean-Euphèle Milcé depuis un an.

Nous avons regagnés Pétion-Ville en fin d’après-midi. La soirée a été consacrée, en partie, a l’élaboration des outils pédagogiques pour la formation sur le plan de classement. Si les manifestations annoncées nous permettent de descendre, vendredi matin, sur Port-au-Prince, nous formerons quatre personnes à la compréhension du plan de classement et à l’utilisation du tableur que nous avons développé pour les aider à la saisie des fiches d’analyse et à leur intégration dans le plan de classement.

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Un plan de classement pour le MAE

 
 

Les deux dernières journées furent consacrées pour l’essentiel à la réalisation d’un plan de classement pour les archives du ministère. La difficulté est essayer de tendre vers un idéal tout en s’adaptant aux réalités de la situation actuelle.

En raison de l’urgence d’après séisme les documents ont été mis en carton parfois en mélangeant les fonds, les services producteurs. Le travail de description effectué jusqu’à présent recense les documents mis ainsi en cartons. L’urgence passée, la mise en place d’un plan de classement permettra d’obtenir des instruments de recherche pertinents et de commencer par la suite un travail sur l’établissement de tableaux de gestion et de mise en place d’un circuit de collecte.

Le plan de classement a été réalisé en s’inspirant d’une part de l’organisation structurelle du ministère et d’autre part des premières fiches de description des fonds (actuellement près de 600 fiches sont ainsi renseignées). Le tout s’inspire également du plan de classement des archives du ministère des affaires étrangères français, les missions étant sensiblement les mêmes.

Nous réalisons également une grille de saisie d’inventaire simple sous tableur. La cotation en continu par boite est utilisée jusqu’à présent, la cotation au dossier sera préférée par la suite. L’inventaire sera méthodique, une seule cote recoupant souvent plusieurs objets différents.

Il est prévu vendredi une restitution à l’équipe de ce travail qu’approuve J.E Milcé. Et demain ce sera la visite aux Archives nationales.

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Début de la seconde semaine

 
 

Aujourd’hui, nous descendons à nouveau aux archives du ministère. Des discussions avec des membres de l’équipe et le passage approfondi dans les salle nous fait mieux comprendre l’organisation actuelle. Basée sur l’urgence de sauvetage après séisme, elle n’est pas pour autant dépourvue de méthode, bien au contraire.

Une équipe s’occupe en particulier des fonds « anciens », avant 1950 (et notamment la période de l’occupation américaine de 1915 à 1934). Une autre équipe s’occupe d’identifier les documents jusqu’en 1986 (date du départ de Duvalier fils). Deux personnes s’occupent des petites réparations et du conditionnement et enfin trois personnes s’occupent de la bibliothèque au rez-de-chaussée.

L’urgence n’étant plus la même nous travaillons à une organisation des salles et des équipes qui permettrait de fluidifier le circuit du document. Nos premières propositions conviennent à J.E. Milcé qui reste cependant dans la perspective de nouvelles catastrophes possibles (inondations avec l’arrivée de la saison des pluies notamment) et des travaux qui restent à mener sur la bâtiment (la toiture comporte encore des trous à certains endroits) et qui pourraient remettre en cause cette organisation. Nous restons sur l’optique d’un circuit « idéal » qui sera mis en place soit de suite soit progressivement en fonction des contraintes. J.E. Milcé préfère en effet avoir cette vision à terme plutôt que d’agir toujours dans l’urgence sans perspective.

En fin de journée nos prenons rendez-vous avec Jean-Wilfried Bertrand, le directeur des Archives nationales, qui nous recevra jeudi matin.
En soirée un orage imprévu vient ponctuer le repas dans un restaurant de Pétion-Ville. Fort et court comme souvent sous les tropiques. La surprise est telle que notre logeuse n’aura pas eu le temps de préparer sa cuve pour recueillir cette eau si précieuse.

Demain, nous resterons à Pétion-Ville afin de synthétiser nos premiers travaux et de s’attaquer au plan de classement. Nous avons embarqué pour cela les premières fiches d’analyses réalisées par l’équipe du MAE et avons ainsi assez d’informations pour commencer. Rester à Pétion-Ville nous épargnera en effet plus de deux heures de trajet, tarif minimum quotidien pour l’aller-retour aux archives du ministère, pourtant éloignées seulement d’une dizaine de kilomètres.

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Premier week-end en Haïti

 
 

Deux jours après notre arrivée, nous sommes déjà en week-end. Tout comme en France, les samedi et dimanche sont chômés dans la plupart des établissements publics. La réalité est tout autre pour de nombreux haïtiens obligés de cumuler plusieurs emplois ou services pour subvenir aux besoins de premières nécessités (cf. coût de la vie).

Pour ce premier jour de repos, Jean-Euphèle Milcé nous propose de partager sa table pour le déjeuner. C’est David, un de ses amis, qui est chargé de nous monter à Thomassin pendant qu’Euphèle prépare une des quatre pintades achetées la veille.

Elles avaient été très sages à l’arrière de la voiture. Nous nous étions alors amusés à donner à chacune d’entre elles un prénom. C’est donc Gisèle qui a été choisie pour ravir notre estomac. Elle a été agrémentée de noix de cajou, d’un gratin de christophine et d’une bouillie composée de maïs, coco et pois rouges.

L’après-midi passe très vite au milieu de conversations sur la vie, l’art, l’histoire et le devenir d’Haïti.

Le ciel chargé de nuages avait fait espérer cette pluie tant attendue par les haïtiens. Il n’a en effet pas plu depuis 3 mois sur la région de Port-au-Prince et les cuves sont aujourd’hui complètement vides. Malheureusement, ce ne sont que quelques gouttelettes qui sont tombées.

Notre dimanche est calme. La connexion internet revenue, nous passons la matinée à travailler tranquillement dans le salon : mise à jour du blog, rédaction de l’état des lieux, discussions sur les solutions à apporter et sur la manière de les mettre en œuvre…

Le petit jardin nous offre mille et une merveilles mais nous nous sentons un peu isolés et déconnectés de la vraie vie haïtienne. En début d’après-midi, nous tentons donc une sortie dans le quartier. Pour cette première expédition, nous ne prenons que le minimum. Il n’y aura donc pas de photos.

Une petite marche de 2h dans les rues de Pétionville nous met en contact direct avec la population. Nous poussons jusqu’à la place Saint-Pierre où des centaines de tentes ont trouvé place. Les rues sont pleines de vie. Les étals en tous genres s’enchainent à perte de vue sur les trottoirs. Les caniveaux débordent souvent de déchets (sachets d’eau, bouteilles de soda, barquettes alimentaires…). Nous échangeons quelques mots avec un artiste . Il expose (et vend) ses oeuvres sur un des murs d’enceinte de la place. De nombreux artistes haïtiens ont été repérés dans ces rues et reconnus dans le monde de l’art.

Demain, c’est avec une immense joie que nous reprendrons le chemin du ministère.

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Coût de la vie en Haïti

 
 

Les prix ont augmenté en Haïti depuis le séisme, mais c’est un pays cher depuis longtemps. L’insuffisance de la production locale oblige à importer beaucoup de produits, qui sont donc rapidement chers pour le niveau de vie moyen.

Pétion-Ville est encore plus chère que Port-au-Prince, d’abord parce que c’est une ville à l’origine bourgeoise et d’expatriés. Elle est devenue le centre des activités depuis le séisme car elle a été relativement épargnée.

Cette liste de prix est indicative et représente seulement ce que nous avons constaté au cours du séjour.

Document-joint
 

(PDF – 52.2 ko)
        

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Vendredi 11 février

 
 

Aujourd’hui nous redescendons sur le site du ministère des affaires étrangères. Situé à coté du port de commerce il est également proche des Archives nationales, que nous devrions voir la semaine prochaine.

Sur place nous exposons notre plan d’actions en plusieurs points à J.E Milcé :

A- État des lieux

- Estimation métrage linéaire traité, à traiter
- Plan de récolement sommaire

B- Circuit du document

- Répartition des documents dans les salles, organisation des salles
- Mise en place d’un circuit depuis la collecte (versement ou traitement de vrac) jusqu’à la communication en salle de lecture.
- Traitements : quelques trucs d’archivistes pour aller plus vite à l’essentiel et assurer la protection des documents.

C- Plan de classement des archives historiques

- Mise en place d’une structure de plan de classement d’après le travail de description déjà effectué. Celui-ci sera opérant mais appelé à évoluer avec les descriptions futures.
- Mise en place d’un outil tableur qui permette d’alimenter les descriptions à venir et faciliter les recherches.
- Présentation à l’équipe

D- Procédures de collecte

- Procédure de mise en place de tableaux de gestion (principes)
- Tri/éliminations (Principes)
- Versements (Méthode, modèles de formulaires…)

E- Procédures de conservation

- Tenue d’un magasin de conservation, normes de conservation, des bâtiments
- Plan de prévention des risques
- Plan d’intervention d’urgence

Il est certain que nous ne pourrons mener à bien toutes ces tâches en 15 jours. Nous nous concentrerons donc sur les trois premiers points pour pouvoir repartir en ayant laisser des outils de gestion immédiate des fonds et des locaux. D’autres missions ASF pourront venir suivre et compléter ces actions.

La journée est consacrée à l’état des lieux. Les relevés de température et surtout d’hygrométrie sont quelque peu perturbés par une masse d’air humide qui commence à s’accumuler au dessus de Port-au-Prince, et qui donnera d’ailleurs quelques gouttes de pluie en soirée (les premières en trois mois).

Véronique met en forme l’état des lieux avec des plans sommaires des locaux. En parallèle Christophe entame le second point en posant les bases d’un circuit du document et des propositions pour une nouvelle répartition des salles.

La journée terminée Euphèle nous ramène vers Pétionville. Le trajet est à nouveau un périple long et fatiguant à travers les bouchons de sortie d’école. Le trafic ralenti nous permet de mieux détailler Port-au-Prince : le centre ville a été détruit aux trois-quarts mais est plus vivant que jamais avec une foule de petits vendeurs, bricoleurs, réparateurs, transporteurs,… qui courent, crient, haranguent au milieu des ruines et de bâtiments tenant encore debout selon des lois physiques assez incertaines, sous un voile de poussière soulevée par l’incessante circulation.

Nous passons au supermarché pour acheter des réserves qui pourront nous servir les soirs si nous ne pouvons sortir (voir le billet sur le coût de la vie pour avoir une idée indicative de quelques prix).

Mais aujourd’hui Euphèle nous invite chez lui et nous emmène. Il achète au passage 4 pintades à un vendeur dans la rue qu’il nous préparera demain. Le repas est fait de boeuf, patates douces, bananes plantain, crabes bleus, riz et sauce de pois rouges : typiquement haïtien.

Pour terminer nous prenons une bière dans un bar-hôtel d’expatriés où Euphèle nous parle son prochain roman.

J.E Milcé est en effet d’abord écrivain. Il avait mis quelques temps entre parenthèse cette facette lorsqu’il s’est consacré au service public haïtien en 2006.

Demain est jour de week-end. Nous pourrons retravailler un peu nos documents à notre logement, mais nous passerons une partie de la journée avec Euphèle chez lui à Thomassin.

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Première journée : constat

 
 

Après une bonne nuit de sommeil, un succulent petit déjeuner nous attendait. Toasts, confiture d’ananas maison, café, jus d’orange… allaient finir de nous redonner des forces après ce long voyage. Notre première journée pouvait enfin commencer.

La route est longue et sinueuse pour atteindre le bâtiment d’archives du ministère. Nous découvrons tout au long de la descente des hauteurs de Pétion-Ville vers Port-au-Prince un joyeux désordre des plus ordonnés. Le brouhaha des klaxons, et de la vie haïtienne tout simplement, est permanent. Jean-Euphèle Milcé en profite pour nous commenter les profonds bouleversements urbains depuis le séisme du 12 janvier 2010. Nous sommes partagés entre fatalisme et admiration face à ce peuple digne devant l’adversité. La vision « hors écran de télévision » du palais présidentiel à terre et du champ de mars accueillant près de 200 000 réfugiés sous des tentes dites provisoires nous touche fortement. Nous prenons ici la mesure de la tâche à accomplir pour reconstruire ce magnifique pays.

Le bâtiment des archives du MAE se situe juste en face du port de Port-au-Prince. Le quartier est jonché de ruines et de gravats. L’air est saturé de poussière. La chaleur se fait plus pesante qu’à Pétionville. Nous découvrons un site en devenir.
Les locaux d’archives se répartissent sur deux niveaux : au rez-de-chaussée se situe un magasin d’archives et l’espace réservé à la bibliothèque, inaugurée le 2 février dernier ; à l’étage se trouve des locaux réservés aux archives intermédiaires et au traitement ainsi que des bureaux pour l’instant vides.

En y regardant de plus près, ces répartitions thématiques sont beaucoup moins tranchées. Nous arpentons les salles afin de réaliser un état de la situation et en dégager des premières réflexions organisationnelles et méthodologiques. Au cours de nos déambulations dans les couloirs du MAE, nous croisons ces jeunes qui ont permis la « renaissance » de ce haut lieu de mémoire. Après le séisme, ils ont donné de leur temps et de leur énergie pour sortir des décombres le moindre mètre linéaire possible.

Nos premiers constats ne permettent pas d’entrer dans le détail des documents mais nous en repérons déjà tout de même quelques uns d’intéressants ou de sympathiques, comme ce registre de correspondance du secrétaire d’Etat datant de 1901.

Toutes nos notes en main, nous reprenons la route avec Jean-Euphèle Milcé pour Pétion-Ville avec la mission de nous trouver sur la route un distributeur de « gourdes », la monnaie locale (aussi appelée ici le « dollar haïtien ») ainsi qu’un restaurant pour déjeuner. Après 2 heures d’errance désespérée dans des rues bondées et percées de toute part, nous sommes rentrés bredouilles : aucun des 4 distributeurs ne fonctionnait. Heureusement, nous avons réussi à nous remplir l’estomac d’un bœuf aux légumes à la sauce de pois rouge. Pour le liquide, une nouvelle stratégie sera mise en place dès demain matin !

En fin d’après-midi, nous regagnons notre logement avec le but de poser nos observations. La soirée se poursuit dans le même objectif, les sorties nous étant fortement déconseillées pour des questions de sécurité même si le quartier ne semble pas particulièrement dangereux.

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