Jour 0 : vendredi 25 octobre 2019

Première soirée au son de berceuses congolaises

Après quelques péripéties au départ de France, Vincent et Marie sont finalement arrivés sans encombres à Brazzaville, vendredi soir à l’heure prévue.

A peine le temps de déposer les bagages que nous sommes invités à un concert très privé des « Mamans du Congo », dans le quartier de Bacongo.

En compagnie, de Marie Audigier, directrice déléguée de l’Institut Français au Congo (IFC), de Robin, artiste de musique électronique et de Céline son ingénieure du son, nous découvrons avec un immense plaisir les prémisses d’un projet artistique en train de se monter entre deux sensibilités françaises et congolaises.

Les « Mamans du Congo » menées par Gladys Samba interprètent des berceuses congolaises, dans au moins 5 langues différentes. Ce fut un moment magique pour nous, archivistes toujours en quête de patrimoine et de découvertes.

Clip extrait de « YouTube »
Gladys Samba
Mbele Nzele
Jour 1 : samedi 26 octobre 2019

Premiers contacts

Marie Veillon, attachée de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France au Congo, nous a rejoint afin de faire un point de situation sur le projet préservation et valorisation du patrimoine mémoriel du Congo, porté par le ministère français de l’Europe et des affaires étrangères.

Dans le prolongement de la première mission opérationnelle d’octobre 2018, en tant qu’archivistes bénévoles d’ASF-France, nous aurons pour objectif de former des archivistes congolais à la numérisation :

  • copies numériques de documents d’archives ;
  • règles de nommage ;
  • grilles d’indexation.

L’après-midi a ensuite été studieux avec la mise en place d’une stratégie d’actions à mener les jours à venir.

Lors d’une balade dans les rues de Brazzaville nous avons pu découvrir la basilique Sainte-Anne-du-Congo et la gare du Chemin de fer Congo Océan.

Basilique Sainte-Anne-du-Congo
Ancienne gare du Chemin de fer Congo Océan

Nous sommes ensuite allés à l’IFC où nous avons rencontré Milan Nsatounkazi, chef de service des Archives municipales de Brazzaville, qui nous a présenté l’exposition réalisée à partir des documents conservés dans son service.

Milan Nsatounkazi
chef de service des Archives municipales de Brazzaville

La passion de l’homme et l’engagement de l’archiviste pour l’histoire et le patrimoine de sa ville nous ont particulièrement touchés.

Pour terminer cette journée déjà riche, nous avons assisté à la soirée de clôture du 15e festival international du rire de Brazzaville.
Une nouvelle fois, ce fut une soirée riche en découvertes, même si, nous l’avouons bien volontiers, les sketches en Lingala étaient un peu plus obscurs pour nous.

Jour 2 : dimanche 27 octobre 2019

Une journée « on pose les bases »

Nous avons pris le temps le matin de faire le point sur les supports de formation que nous comptons présenter au directeur du Centre des archives nationales et de la documentation (mais tous disent Archives nationales du Congo), en fin d’après-midi.

A 13h, nous partons pour le site des cataractes, là où le fleuve Congo croise le Djoué et devient le fleuve le plus puissant du monde. Le site est magique et on aperçoit Kinshasa au loin, de l’autre côté du fleuve, le tout sur les rythmes endiablés des percussions.

fleuve Congo
percussions

Nous quittons assez vite ce bel endroit, croisant au passage un lavage auto très spécial (dans les eaux tumultueuses du fleuve Congo, et le marché total (plus grand marché de la ville), pour rejoindre Brice Owabira, le directeur des Archives nationales qui revient tout juste de Pointe-Noire, capitale économique de la République du Congo.

lavage auto
marché total et taxi-bus

Nous évoquons ensemble, outre les dernières actualités des Archives (déménagement futur, concours du jeune historien, site internet...), le déroulement de la formation à la numérisation.

Toute l’équipe des Archives nationales sera présente lundi matin et nous décidons donc de leur proposer une formation théorique lundi que l’on déclinera en ateliers pratiques le reste de la semaine.
Nous passons donc la fin de journée à adapter notre support de formation à ces nouveautés.

Support de formation
Documents-joints
 

(PDF – 1.3 Mo)

Brice Owabira
« La question de la conservation des archives devrait être placée au centre de nos politiques de développement ».


(PDF – 460 ko)

Archives nationales « Une mission de sauvegarde du patrimoine mémoriel de la République du Congo séjourne à Pointe-Noire »

Jour 3 : lundi 28 octobre 2019

La théorie avant la pratique

Nous démarrons la journée sur les chapeaux de roues pour récupérer tout le matériel nécessaire à la formation et à la numérisation des archives (scanner, disque dur, ordinateur).

Dans le même temps, la formation théorique débute avec un groupe de 17 personnes très intéressées et interactives.

Le groupe de la formation

Nous sommes très contents de ce moment et nous organisons les ateliers pratiques qui se dérouleront entre mardi et jeudi par groupes de 3 à 4 personnes.

Marie transmet les bonnes pratiques

Après avoir résolu quelques problèmes organisationnels, nous partons pour le quartier de Ouenzé, découvrir ou redécouvrir le site actuel des Archives nationales et surtout récupérer des boîtes d’archives pour disposer de documents à numériser pour les ateliers pratiques.

Vincent dans les magasins des Archives nationales

Nous passons la fin de journée à vérifier le fonctionnement du scanner et à le paramétrer.

Tout est prêt.... demain nous commençons plus concrètement les ateliers pratiques.

Jours 4 à 6 : mardi 29 au jeudi 31 octobre 2019

Les ateliers

En accord avec l’ensemble des partenaires, nous avons voulu accentuer les aspects concrets dans la formation à la numérisation en faisant en sorte que tous les participants manipulent le scanner et l’ordinateur.

Pour cela, la quinzaine d’agents du Ministère de la Culture et des Arts du Congo, à laquelle se sont ajoutées 3 personnes des Archives municipales de Brazzaville, s’est répartie en petits groupes pour des ateliers pratiques de 3 heures.

Nous avons pu constituer des groupes relativement homogènes ce qui nous permet d’avancer au rythme de chacun.

Au programme :

  • un petit exercice de saisie dans un tableur pour commencer en douceur ;
  • la prise de vue d’un premier lot de documents à numériser ;
  • le contrôle et le traitement des images (sens d’orientation et cadrage) ;
  • le nommage des fichiers issus de l’opération de numérisation, l’indexation des vues dans un tableau ;
  • un dernier exercice en autonomie sur un second lot de documents afin de s’assurer de la maîtrise des différentes étapes, de la prise de vue à l’indexation.

Nul besoin de décrire plus en détails, la joie, la soif d’apprendre et le sérieux de nos stagiaires : les photos parlent d’elle-mêmes !

Ateliers du mardi

Groupe du matin
- Viviane Mbouatola
- Rosine Inès Banzakassa
- Gaston Koumou-Akondzo
Groupe de l’après-midi
Tous les trois agents de la Bibliothèque nationale du Congo :
- Jean-Bernard Egnaou
- Rick Akondzo
- Spessman Ngayaba

Ateliers du mercredi

Groupe du matin
- Lydie Noëlle Ntsoumou
- Solange Diaboussafou
- Ernest-Constant Balou (de Pointe-Noire)
- En guest-star Brice Owabira le directeur
Groupe de l’après-midi
- Gyfène Ngoli
- Roméli Pindou qui avait déjà participé et assisté à la mise en place de la numérisation avec Vincent lors de la mission 2018

Ateliers du jeudi

Groupe du matin
- Lydie Céline Nzassi
- Aurélie Ambara
- Mado Mossa
- Roméli Pindou
Groupe de l’après-midi
Tous les trois des Archives municipales de Brazzaville :
- Milan Nsatounkazi
- Kévin Sillaho
- Borel Chardon Tombe

Tous ont apprécié les ateliers pratiques ainsi que la formation théorique de lundi. Ils nous ont vivement remercié et nous ont dit avoir beaucoup appris. Pour autant, ils ont regretté que la formation soit trop courte à leurs yeux. Ils nous ont également exprimé le besoin de se familiariser avec l’environnement informatique et de pratiquer des opérations de numérisation de peur que les connaissances acquises s’envolent.

Certains souhaiteraient consolider leurs acquis en informatique, en saisie, en numérisation en poursuivant d’autres formations. Nous les encourageons dans cette démarche et leur donnons rendez-vous lundi pour réaliser un bilan.

jour 7 : vendredi 1e novembre 2019

Pointe-Noire

Nous ne l’avions pas encore annoncé car rien n’était assuré ! Aujourd’hui 1er novembre nous nous sommes déplacés à Pointe-Noire, capitale économique du Congo, pour y découvrir les archives du Moyen-Congo en compagnie de Brice Owabira, directeur des Archives nationales.

Dans la mission générale de sauvegarde du patrimoine archivistique du Congo, se détache une préoccupation particulière autour de la conservation et la valorisation des archives de l’Afrique équatoriale française.

Pour rappel, l’AEF était constituée du Congo, du Gabon, du Tchad et de l’Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine). Brazzaville était le siège du gouvernement général de l’AEF. Lors des indépendances, il a été décidé que les archives dites de souveraineté seraient rapatriées en France (conservation aujourd’hui aux Archives nationales d’outre-mer, à Aix-en-Provence) et les archives dites de gestion, pour les quatre pays, seraient conservées sur place.
[[cf ouvrage Albert Mban, Les problèmes des archives en Afrique : à quand la solution ?, Éditions L’Harmattan, Études africaines, Paris, 2007, 167 p.]

La grande majorité des archives de gestion de l’AEF sont identifiées et inventoriées ; elles se trouvent aux Archives nationales à Brazzaville. Des archives de la période de l’AEF concernant la région du Moyen-Congo se trouve également à la préfecture de Pointe-Noire.

Il nous semblait donc essentiel de voir et comprendre ces archives. Par ailleurs, l’Etat congolais et la préfecture de Pointe-Noire, dans une démarche de préservation du patrimoine ont attribué de nouveaux locaux qui en permettront une meilleure conservation.

Visite des futurs locaux

Nous commençons, accompagnés par Brice Owabira, Gustave Mavoungn, le directeur départemental du patrimoine et des archives, Marie Audigier, la directrice déléguée de l’IFC, par une visite des nouveaux locaux, situés au premier étage de la Direction générale de Radio Congo, Direction inter-départementale de Pointe-Noire.

Nous sommes rassurés par ces lieux très sécurisés et qui seront après quelques travaux (consolidation de la toiture, installation de l’électricité, pose des équipements et rayonnages, ...), adaptés à la conservation des archives ponténégrines de l’AEF.

Nous proposons l’aménagement suivant :

Interview surprise

Nous redescendons ensuite et là, Vincent est invité à se plier à un petit exercice de communication : une interview avec la radio locale est décidée sur le moment.

Vincent improvise parfaitement son intervention ! Nous avons par ailleurs la chance que Brice traduise en Lingala puis Gustave en Kituba, les deux autres langues officielles du Congo.

Visite du site actuel de la préfecture

Après ces quelques minutes de gloire, nous repartons dans nos aventures archivistiques pour rejoindre à la préfecture, Christiane-Irène Mboungou, une des archivistes de Pointe-Noire qui a gentiment accepté de se déplacer un jour férié (et oui, ici aussi, le 1er novembre est férié).

Après avoir montré patte blanche auprès du garde de l’entrée, nous montons au troisième et dernier étage de la préfecture pour y découvrir les archives.

Et là, c’est le drame : impossible de trouver la bonne clef permettant d’ouvrir le local où sont conservées les archives. Malgré de nombreuses tentatives, au bout d’une heure nous abandonnons et nous contentons d’un bref aperçu des archives derrières les fenêtres et portes vitrées, ainsi que des explications de Christiane et Brice.

Par ailleurs, nous avons tout de même accès à un reliquat d’environ 50 à 70 mètres linéaires stocké dans un petit local …. ou un grand placard.

Un peu frustrés d’avoir trouvé porte close, nous partons tout de même satisfaits d’avoir pu repérer les lieux pour évaluer la faisabilité d’une future mission d’ASF-France en 2020 sur le site.

A la plage

Notre journée se finit sur la plage (et oui, on ne se refuse rien) en compagnie de Brice, Gustave et Christiane. Nous échangeons longuement avec ces personnes passionnées et passionnantes, puis en fin d’après-midi vient l’heure du retour à Brazzaville.



 

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