Carnet de mission : Projet Éthiopie, Mission 2017
 
 
 

Le dernier week-end

 
 

En ces derniers moments passés en Ethiopie, c’est pour nous l’heure des préparatifs de retour et du bilan. Vous avez peut-être été surpris de n’avoir que de rares nouvelles de notre séjour. Nous pensions relayer nos différentes actions sur Twitter, sur ce blog et le site web d’AsF, mais le blocage des réseaux sociaux dans un premier temps, puis, à partir du mardi après-midi, le blocage d’internet, ont rendu les échanges impossibles. Ne soyez donc pas surpris de la publication en différé de nos billets de blog.

Cette mission aura été pour nous l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la culture éthiopienne. Pour AsF il s’agissait d’avoir une vision de la situation des archives de la compagnie du chemin de fer djibouto-éthiopien. Il s’agissait aussi de nouer des contacts avec les nouveaux responsables locaux. En fonction de nos observations, AsF-France pourra décider s’il est opportun de poursuivre l’appui à la gestion des archives de la Compagnie. Quoiqu’il en soit, les interlocuteurs rencontrés seraient tout à fait disposés à une collaboration sur le sujet.
Malgré les multiples aléas survenus, nous sommes personnellement satisfaits de cette mission et des rencontres qu’elle a permis.

Portes de train, Dire Daoua.

Et c’est devant notre sprees favoris que nous vous quittons.
CJ et CF

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Le train entre en gare

 
 

Avant notre venue en Éthiopie, nous étions loin de penser apercevoir des trains en fonctionnement sur l’ancienne ligne ferroviaire. L’arrivée à Addis-Abeba nous laisse peu d’espoir en la matière. Il fallait donc aller à Dire Daoua pour voir des trains en mouvement.

La visite des ateliers nous fait d’abord croiser le chemin d’une locomotive en révision. Quelques minutes plus tard c’est le train de voyageurs du lendemain matin qui entre en gare. Avis aux lève-tôt, départ à 5 h.

Tests sur une locomotive, Dire Daoua.
Intérieur d’un wagon avant départ le lendemain, Dire Daoua.

Il est donc toujours possible d’emprunter l’un des trains de la CDE. La ligne est effectivement toujours exploitée sur sa portion orientale, de Dire Daoua à Djibouti. Jusqu’à deux trains de fret circulent chaque jour. Les trains de voyageur sont plus rares, deux ou trois par semaine.

Logo de la compagnie de chemin de fer djibouto-éthiopienne. 

Une excursion vous tente ? Direction Dire Daoua.

CJ et CF

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Impression d’Ethiopie

 
 

Puisqu’en une semaine en Éthiopie, nous n’avons pas seulement exploré le monde des archives. Nous vous vous livrons ici quelques photos glanées ici ou là et qui vous donnerons un aperçu de notre séjour et de la culture éthiopienne.

Wagon à animaux, Dire Daoua.
Réserves de carburant, gare de Dire Daoua.
Lampe, Addis-Abeba.
Injera (galette éthiopienne).
Extraction de la pulpe d’une feuille de faux-bananier, Tiya.
Café de la gare, Addis-Abeba.
Averse, Addis-Abeba.
Zébus et champs près de l’église d’Adadi Mariam.
Singes, aéroport de Dire Daoua.

CJ et CF

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Direction Dire Daoua et ses archives

 
 

Les portes s’ouvrant désormais rapidement, la journée du jeudi est consacrée aux démarches administratives pour nous rendre à Dire Daoua et au déplacement en lui-même. Nous sommes pour cela très gentiment aidés par du personnel de la compagnie.

Après une heure de vol, nous arrivons à Dire Daoua. La chaleur nous saisit dès la sortie de l’avion et une famille de singes se donne en spectacle sur un fil électrique.
Le lendemain, le représentant du directeur général, M. Abdoulaziz Ahmed, nous accueille dans les locaux de la Compagnie à Dire Daoua. On nous fait d’abord visiter les alentours de la gare, où les ateliers sont encore en activité. C’est un magnifique musée à ciel ouvert d’anciennes rames, locomotives et matériel ferroviaire.

Vue des ateliers de la Compagnie à Dire Daoua.

Nous retournons ensuite dans le bureau de M. Ahmed qui nous donne un bref historique de la compagnie, montrant un vif intérêt pour son histoire et la conservation de son patrimoine, dont les archives. Nous faisons ensuite un tour des locaux administratifs, ce qui nous permet de localiser les différents ensembles d’archives. Elles sont pour partie rangées et organisées de manière thématique : une salle est dédiée aux archives du personnel, deux autres abritent les archives techniques. Les dossiers de personnel ont été extraits et dépoussiérés en vue de leur numérisation. Les autres, quoique rangées dans des meubles, sont recouvertes de poussière. Tout un mobilier est déployé : casiers en bois, armoires métalliques et meubles à plans de différents formats. On notera que les archives techniques peuvent être retrouvées à l’aide d’inventaires. Les dossiers des affaires courantes et intermédiaires sont conservés dans les bureaux.

Dossiers de personnel traités en vue de leur numérisation.

Un vaste ensemble d’archives historiques et d’archives de personnel est par ailleurs stocké dans un grenier. Seule une grande échelle permet d’y accéder. Une fois celle-ci trouvée nous avons pu constater à quel point les sacs et les tas d’archives s’y amoncèlent et prennent la poussière. Il est probable que ces archives n’aient pas été manipulées depuis 2006, date du dernier passage d’archivistes français à Dire Daoua.

Archives stockées dans le grenier du bâtiment administratif de la Compagnie, Dire Daoua.

Le tour des locaux terminé, nous revenons dans le bureau de M. Ahmed qui nous redit sa volonté de s’occuper du traitement des archives. Il est particulièrement inquiet de la situation des archives à Djibouti, où nombreuses sont celles qui auraient été détruites à mesure que les bâtiments de la compagnie sont rasés. Le département histoire de l’université de Dire Daoua et la municipalité seraient intéressés par l’histoire de la Compagnie et pourraient constituer de futurs partenaires si un projet de sauvegarde venait à voir le jour.

CJ et CF

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La première journée archives

 
 

Ayant enfin reçu la lettre d’introduction, nous nous présentons mercredi matin à la Compagnie de chemin de fer. Le directeur général prend connaissance du courrier et met alors tout en œuvre pour nous faciliter l’accès aux archives. Un contretemps retarde néanmoins notre contact avec les archives : la personne qui sait où sont les clés n’est pas dans les locaux.

Profitant de ce moment, M. Solomon nous invite au café de la gare qui s’avère abriter une petite exposition de photographies relatives au chemin de fer. Sur l’une d’elle nous reconnaissons Charles de Gaulle. Précisons également que, dans ce café réputé l’un des meilleurs de la ville, le café y est particulièrement savoureux.
De retour au bureau du directeur, nous découvrons avec intérêt la décoration (anciens plans de ligne, tirages photographiques, etc.) et parcourons les albums photo disponibles. On y découvre les festivités liées à l’an 2000 et aux 100 ans de la compagnie. Les autres albums, eux aussi récents, nous renseignent sur le matériel utilisé par la compagnie.
Nous convenons de revenir en début d’après-midi, le temps pour les employés de retrouver les clés. Nous en profiter pour tester le fameux buffet de la gare, restaurant adjacent aux bâtiments de la compagnie. Nous vous déconseillons les lasagnes.

Signalétique sur la porte du hangar. abritant les archives.

De retour à la Compagnie, nous sommes accompagnés au hangar du « sous-chef section magasin » où sont entreposées les archives. Nous entrons dans une première pièce, le bureau du sous-chef de la section magasin. Il contient quelques archives récentes (années 2000 et 2010). Dans la seconde pièce, beaucoup plus vaste, sont stockés du vieux matériel et du mobilier. En y regardant de plus près, on se rend compte que certaines armoires, étagères et quelques cartons contiennent des archives. Par ailleurs, un pan entier de mur abrite a priori les archives identifiées pour élimination en 2007 et 2010. Celles-ci sont pour la plupart placées dans de gros sacs. Une troisième pièce, de dimension plus réduite, contient du matériel de bureau et différentes étagères sur lesquelles sont entreposées essentiellement des livres, des cassettes et… des archives.

Archives éliminables.

La dernière pièce, de loin la plus petite, contient enfin les archives traitées par nos prédécesseurs. Nous reconnaissons les liasses et nos vérifications avec l’inventaire confirment qu’il s’agit bien des archives d’intérêt historique. Nous constatons qu’elles ont été déclassées, entassées et sont recouvertes de poussière. Nous avons toutefois pu constater, à l’occasion d’une forte averse survenue à ce même moment, que la pièce est à l’abri des infiltrations d’eau et de l’humidité. De fait, la grande hauteur du local permet une ventilation naturelle.

Pièce dédiée aux archives historiques.

Nous sommes quelque peu rassurés de constater que les archives ont été jusqu’à présent préservées. De réels efforts seraient en revanche nécessaires pour assurer leur conservation de manière optimale. En outre, elles ne sont pour le moment pas accessibles, si ce n’est à la Compagnie.
Nous terminons la journée en allant faire un petit tour du côté des Archives nationales d’Éthiopie (NALE). Nous pensions simplement jeter un coup d’œil à la salle de lecture. L’archiviste que nous y rencontrons nous explique avec grand plaisir le fonctionnement de la structure. Il nous propose même de visiter les premiers magasins et nous montre un registre constitué de lettres et de plans relatifs à la compagnie de chemin de fer. Certains de ces documents sont en français.

Bâtiment de la NALE.

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Rencontre avec le directeur général de la Compagnie de chemin de fer

 
 

Ce n’est que le mardi en fin de matinée que nous rencontrons le directeur général de la Compagnie de chemin de fer. Tium Tike, avec qui avaient travaillé nos prédécesseurs, étant décédé, c’est désormais M. Solomon qui est à la tête de l’institution.

Dans un premier temps, nous nous contentons de faire connaissance, d’expliquer la raison de notre présence et d’échanger autour des archives. M. Solomon n’ayant manifestement pas connaissance des missions passées, il s’interroge sur l’intérêt de la compagnie vis-à-vis de ce projet. En effet, même avec un accès extrêmement limité à ces archives, des ouvrages sur l’histoire de la compagnie ont été publiés ces dernières années.
Il était en revanche vraiment important pour lui que nous lui présentions préalablement une lettre officielle de la présidente d’Archivistes sans frontières-France exposant l’objet de notre venue. Nous n’avions malheureusement à ce moment précis pas encore ce fameux document.
Nous reprenons donc rendez-vous pour le lendemain matin en espérant avoir reçu la lettre d’ici-là.

Gare d’Addis-Abeba.

CJ et CF

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Un rendez-vous à l’ambassade

 
 

Le rendez-vous avec le directeur du CFEE et avec le conseiller de coopération et d’action culturelle ayant été décalé, ce n’est que le mardi matin que nous les rencontrons officiellement à l’ambassade.

Ils évoquent leurs connaissances sur les archives de la compagnie de chemin de fer et nous confirment que les trains continuent à circuler sur une portion de la ligne. Nous apprenons également, contrairement à ce que nous avions compris, que la nouvelle ligne de chemin de fer repose sur des infrastructures tout à fait autonomes. La ligne distante de quelques centaines de mètres de la ligne historique la longe jusqu’à Djibouti. Malgré son inauguration en fin d’année dernière, faute d’alimentation suffisante en électricité, les trains ne circulent pas. En outre le dernier tronçon prévu pour relier le port de Djibouti n’est pas construit.
S’agissant des archives que la Compagnie conserve à Dire Daoua ils nous confirment qu’une institution néerlandaise a entrepris la numérisation des dossiers de personnel. Deux enseignants de l’université de Dire Daoua sont leurs relais locaux. Le projet est suspendu dans l’attente de nouveaux financements.
Après à ce premier échange, nous leur présentons notre projet et voyons de quelle manière il serait éventuellement possible de coopérer par la suite.

CJ et CF

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D’un train à l’autre

 
 

Lundi matin, nous retournons à la compagnie de chemin de fer pour rencontrer ses responsables. Nous discutons avec le directeur administratif et juridique et convenons de revenir le mardi ou le mercredi lorsque le directeur sera là. N’ayant plus d’obligations, nous décidons de poursuivre la journée sur le thème ferroviaire.

Si à la gare, les trains ne partent plus, à Leghar, à 200 m de là, les rails crissent de nouveau. L’administration du chemin de fer djibouto-éthiopien fonctionnait partiellement en français, ce qui explique le toponyme « la gare » dans un pays non francophone. Avec le temps, la population s’est appropriée l’appellation en la déclinant dans différentes variantes, qu’il s’agisse de l’hôpital, du café, du quartier… ou de l’arrêt du « métro léger ».

Métro quittant la station Leghar et vue sur Addis-Abeba.

Les trains passent donc toujours à Lagare (Leghar), ou du moins dans le quartier de la gare, depuis l’inauguration d’un nouveau type de transport en commun : un métro non souterrain. C’est, à en croire les discours entendus sur le sujet, le second métro de ce type en Afrique (l’autre se trouve en Afrique du Sud).
Ce métro de deux lignes transforme profondément le paysage urbain en permettant à la fois de s’extraire des embouteillages et de relier des quartiers très éloignés (la ville a une superficie de 527 km²). Il est organisé sur deux axes, l’un nord-sud (ligne bleue) et l’autre, plus long, est-ouest (ligne verte). Nous avons décidé de parcourir entièrement la ligne verte.
Ce voyage aller-retour nous a pris plus de deux heures, plus longtemps que ce nous avions imaginé.
Les stations sont rapprochées dans le centre-ville et un peu moins nombreuses en périphérie. Cela s’est avéré un excellent moyen de découvrir Addis-Abeba. Nous avons traversé des zones très contrastées : quartiers aux immeubles neufs, rares quartiers aux villas huppés, nombreux bidonvilles et quartiers populaires.

Tickets de métro.

Autour du métro, tout un personnel s’affaire à son fonctionnement et son entretien. Le voyageur va d’abord s’adresser au guichet : on ne peut les repérer que si l’on sait à quoi ils ressemblent (le premier a été difficile à trouver). En arrivant sur les quais, des agents de sécurité veillent et parfois fouillent bagages et passagers. Des agents d’entretien s’activent, même sur les rails (ça surprend). Parmi le personnel visible, citons aussi les conducteurs.
Parlons enfin des métros. Il s’agit de matériel très moderne : écrans, annonces sonores, signaux lumineux, etc. Les espaces intérieurs sont vastes et plutôt confortables. En somme, si ce n’est que les métros paraissent plus larges et que les indications sont en amharique et en anglais, on pourrait se croire dans la ligne 2 du métro parisien.

CJ et CF

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Excursions du dimanche

 
 

Ce dimanche est férié en Éthiopie. C’est en effet la date anniversaire de la chute du Derg (régime militaire ayant renversé Haïlé Sélassié et à la tête duquel s’impose rapidement Mengistu. Après avoir commis crimes de guerre et génocides, le Derg chute finalement en mai 1991).

Comme nous allons rester les jours suivants dans la capitale, nous décidons de nous en éloigner (direction le sud, à environ 70 km). Nous avons prévu une journée culturelle. La visite de trois sites est au programme : Melka Kunture, Adadi Mariam et Tiya.

Site de Melka Kunture. Traces d’un foyer.

Melka Kunture est un site paléolithique où affleurent des ossements d’animaux (hippopotames, gazelles, antilopes, etc.) et des outils. Découvert en 1963, il comprend aussi des sépultures (homo erectus). Malgré l’annonce de sa réouverture, le site était encore fermé pour rénovation. Un responsable administratif a tout de même proposé de nous montrer les vestiges. Nous n’avons en revanche pas pu accéder au musée qui semblait d’un réel intérêt.

Église d’Adadi Mariam, aile réservée aux femmes.

Adadi Mariam est une église orthodoxe creusée dans la roche aux alentours du XIIe s. Elle est consacrée à la vierge (Mariam) blanche (adadi). Les symboles y sont omniprésents : 10 portes (10 commandements), 24 fenêtres (vieillards de l’apocalypse), la Sainte Trinité, etc. Malgré son caractère exigu et son ancienneté, l’église accueille encore une communauté religieuse active. A travers quelques gestes et notes de musiques (en l’occurrence, de cannes, de tambours et de clochettes), notre guide, un diacre, parvient à nous faire ressentir l’ambiance du lieu.

Stèle funéraire, Tiya.

Tiya est un site de stèles funéraires inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’histoire du lieu reste largement méconnue. Les datations indiquent une construction entre le XIIe et le XIVe s. Les stèles de 2 à 5 m de hauteur ont pour certaines été redressées, contribuant à rendre une certaine majesté à un site qui pourrait au premier abord paraître banal. De fait, les trois principaux groupes de stèles sont peu étendus et se fondent dans le paysage. Il se dégage néanmoins quelque chose que l’on ne saurait nommer de ce lieu aux pierres gravées de manière si caractéristique et mystérieuse : on croit distinguer ici des épées, la guide locale voit là des faux bananiers, des traits féminins pourraient se dégager d’une autre stèle. Ce ne sont que des suppositions : tout ceci est pour le moins intriguant.

Le trajet est également l’occasion de découvrir les paysages et les traditions du peuple Oromo. Nous longeons les champs de tef (la céréale servant à la préparation des galettes d’injera), apercevons les buttes caractéristiques de paille de tef (sert à nourrir les animaux), découvrons une petite plantation d’ensete, aussi appelés faux bananiers (dont la pulpe fermentée des feuilles sert à la préparation d’un autre type de galette), traversons un marché aux couleurs chamarrées, dégustons un café dans une cabane emplie d’effluves d’encens.

A proximité d’Adadi Mariam : butte de paille de tef et maison oromo en arrière plan.

Les animaux domestiques attirent aussi notre attention. Ânes et poneys sont largement utilisés pour leur force de travail. Nous croisons ainsi de nombreuses charrettes à ânes ou poneys ou encore des ânes porteurs de jerricans d’eau (dont certains déambulent seuls sur les routes). Le plus étonnant reste probablement la manière dont les poneys sont nourris : leur tête est entièrement plongée dans un sac de nourriture (le sac étant parfois noué à leurs oreilles).

Aux alentours du marché, près d’Adadi Mariam.

A quelques dizaines de kilomètres seulement de la capitale, nous avons découvert une autre facette de l’Éthiopie.

CJ et CF

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Une visite au musée ethnographique

 
 

Nous profitons de ce samedi après-midi pour explorer la ville. Notre choix se tourne vers Sidist Kilo et le musée ethnographique. Nous retournons donc au campus universitaire, au cœur duquel, au milieu d’un jardin tropical, se trouve le musée. Ce dernier occupe les deux étages d’un bâtiment abritant également l’Institut des études éthiopiennes et sa riche bibliothèque. Le bâtiment du début du XXe siècle, situé au centre de l’ancien palais Genet Le’ul fut également la résidence de l’empereur Hailé Sélassié.

Les collections d’artisanat, d’outils, de jouets et d’objets de culte donnent quelques éclairages sur certaines des nombreuses cultures présentes en Éthiopie. Le premier étage est organisé autour de grands axes : enfance, âge adulte, mariage, agriculture, religion, mort, etc. Sont également présentés plusieurs tenues, photographies et objets relatifs à l’empereur. La visite de ce premier niveau se termine par une déambulation dans les pièces de vie de l’empereur : chambre, bureau, salle de bain. Une partie du mobilier a été conservé.

Timbales utilisées pendant le règne de Haiïé Sélessié.

Le second étage est un musée d’art. Essentiellement dédié à l’art sacré, de très nombreux objets relatifs au culte orthodoxe y sont présentés : croix et icônes (du XIIe au XXe siècle).

Triptyque orthodoxe.

Deux expositions photographiques temporaires étaient également présentées dans le cadre d’un partenariat avec une agence de coopération italienne. L’une d’elles, particulièrement poignante, « Give me a reason » [to stay], mettait l’accent, à travers les clichés réalisés par Annalisa Vandelli, sur le dénuement qui pousse certains éthiopiens au départ.

Œuvre de l’exposition Give me a reason, Annalisa Vandelli

CJ et CF

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